[Note 609: ] [(retour) ] A peu de compagnie. «Cum paucis.» Aimoin a ajouté au texte de Fredegaire ces mots qui rendent la pensée obscure.

[Note 610: ] [(retour) ] De Touraine et de Champagne; la bevue d'Aimoin a entraîné celle de notre traducteur. Le compilateur latin auroit dû dire avec Fredegaire: Sugentenses, et Turenses, et Campanenses.

[611]En cette année entrèrent Alemans en la contrée des Veniciens: de cette gent estoient chevetains deux princes: l'un avoit nom Cambelin, et l'autre Herpin. A eus combatirent les Veniciens; mais vaincus furent et menés jusques aus montaignes; là se mirent à garant pour la mort esquiver. Ceus-ci passèrent outre, tout metoient à l'espée, villes ardoient et prenoient proies, pluseurs mirent en prison, puis retornèrent en leur païs chargiés de despoilles.

[Note 611: ] [(retour) ] Aimoim lib. III, cap. 96.--Au lieu des Veniciens, avec Aimoin, lisez avec Frèdegaire des Avenciens. Ceux d'Avanches en Suisse.

[612]En cette année occist le roy Theodebert sa femme, qui avoit nom Belechilde. Brunehaut lui avoit fait espouser cette femme et l'avoit achetée de marchéans, pour ce que elle estoit trop bele[613]. Une autre en spousa après qui avoit nom Theudechilde.

[Note 612: ] [(retour) ] Aimoini lib. III, cap. 97.

[Note 613: ] [(retour) ] Trop. Très.

Moult fu le roy Theoderic en grant désirier de prendre vengeance de son frère, qui sa terre lui avoit ainsi tolue: pour ce, se conseilla à sa gent comment il porroit le grever. Par le conseil de ses barons manda au roy Clotaire telles paroles: «Je bée à prendre vengeance de mon frère des injures et des torts que il m'a fait, si j'estoie sûr que tu ne lui deusses aidier: pour laquelle chose je te pri que tu te tiegnes en pais, et que tu me prometes que tu ne lui feras nul secours contre moi: et si je puis avoir victoire et que je lui puisse tolir la vie et le royaume, je te promets loiaument que je te rendrai la duchée Dentelène[614] que il t'a tolue à force.»[615] Le roy Clotaire s'acorda volentiers à cette chose, par la condition devant dite. Lors assambla ses osts le roy Theoderic à une ville qui est apelée Langres. Il prist tous les meilleurs chevaliers que il put avoir et toute la flour de son royaume, puis marcha à ost banie contre son frère. Par la cité de Verdun trespassa qui lors premièrement estoit commenciée, delà s'en ala droit à la cité de Toul[616]. Là vint d'autre part le roy Theodebert à moult grant ost et à tout l'effort du royaume d'Austrasie. Lors assamblèrent à bataille; fort estour et pesant y eut, et grant occision d'une part et d'autre. Mais à la parfin fu l'ost du roy Theodebert desconfi; quant il vit le meschief, il se mist à la fuite, la cité de Metz trespassa et les landes de Vosage[617]; il vint à la cité de Couloigne. Le roy Theoderic se hasta tant comme il put de le suivre. Tandis que il chassoit son frère, il encontra S. Eleusin évesque de Magonce: le saint homme lui prescha tant que il se retrait et retourna, parmi Ardane trespassa, puis vint à une ville qui est apelée Tulbie[618]. Et retorna plus volentiers, pour les paroles du saint homme parce que il savoit bien que il lui disoit pour son preu, que il l'amoit et haïssoit le péchié de son frère et sa folie.

[Note 614: ] [(retour) ] Dentelène. Ce duché, nommé pour la première fois par Frédegaire, est écrit Dentilonis ducatus, par l'auteur des Gesta Dagoberti. Suivant toutes les apparences, il comprenoit, à peu de chose pres, ce qu'on a depuis désigné sous le nom de Picardie.

[Note 615: ] [(retour) ] Fredegar., cap. 38.