[Note 822: ] [(retour) ] Aimoini lib. IV, cap. 30.--Gesta Dagob., cap. 39.

[Note 823: ] [(retour) ] Bigaurge. Ou Garges, près Paris.

Quant le roy eut ainsi parlé, et que le concile l'eut escouté ententivement, tous le commencièrent à louer de son propos et de sa bonne volenté, et lui souhaitèrent pais et longue vie; ils pendirent leurs seaus liement pour confirmer le testament. Et bien que il eust devant donné maint riche don à son patron le martir saint Denis, il ne le voulut pas oublier en ce testament: ains lui donna un ville qui lors estoit apelée Braunade, mais ore est apelée Braine, si comme l'on cuide. Quant il eut ce fait, et les choses ordonnées au profit du royaume, le concile se départi, et retourna chacun à joie en sa contrée. Mais la quarte chartre de son testament, que il commanda à mettre en son trésor, est gardée jusques aujourd'hui ès chartriers et ès escrins de l'abaie Saint-Denis.

XVII.

ANNEE 635.

Comment il donna grant rente pour couvrir l'églyse S. Denis,
et comment les Gascons vinrent à lui à merci
.

[824]Pour ce que le bon roy Dagobert vouloit que l'églyse Saint-Denis fust noblement maintenue de couverture, lui donna-il huit mille livres de plomb, de celui que on lui devoit de rente en la cité de Marseille, et ordonna que il fust chacun an amené par les ministres le roy mesme parmi les villes, sans nulle coustume paier, aussi comme estoit parmi les villes que il avoit donné à l'églyse, et fust livré au trésorier de léans. En telle manière s'estudia à confirmer ce don que il lia tous ceus qui après furent à tenir cette constitution.

[Note 824: ] [(retour) ] Gesta Dagob., cap. 41.

[825]En l'an quinze de son règne vinrent à lui à Clichi, en son palais, Haman le duc de Gascogne. Avec lui enmena les plus hauts hommes et les plus anciens de sa terre pour tenir les convenances que il avoit promises en l'an devant, aus chevetains de l'ost que le roy eut là envoiés. Lors eurent si très-grant paour de lui que ils s'enfuirent à garant au moustier Saint-Denis: et la débonnaireté et la franchise du roy fu si grant, que il leur donna les vies, et les asseura pour l'honneur et pour la révérance des martirs auquel refuge ils estoient fui; serment lui firent que tousjours mais seroient loials envers lui et à ses fils et au royaume de France. A tant s'en retournèrent en Gascoigne au congié le roy: mais la fin prouva après que ils furent parjures de cette chose selon la coustume et la manière du païs[826].

[Note 825: ] [(retour) ] Aimoini lib. IV, cap. 31.--Fred., cap. 78.--Gesta Dagob., cap. 41.