Note 601: Greigneurs. Les plus grandes.

Note 602: Visunia, ou Vesunna. C'est aujourd'hui Périgueux. —Lamègue, ou Lamego, sur la frontière du Portugal, vers Galice, et peu éloignée de Coïmbre, ou Colimbre.—Dumia, ou Dume, en Galice, vers Braga.—Luge, ou Lugo, en Galice.—Orenes, en latin Aurenias, aujourd'hui Orense, en Galice.—Uria, ou Urie, en Galice.—Thuda, s. d. Tuy, en Galice.—Medonia, aujourd'hui Mondonedo, en Galice.—Bracara, Braga, archevêché, aujourd'hui la Corogne.—Wimarana; c'est Guimaraens, dans la province de Tras-los-Montès.—Erine, variante: Crunia.

Note 603: Auscala, Alcala.—Godelfare, Guadalaxara, près d'Alcala.—Uzda; c'est Uzeda, à huit lieues d'Alcala.—Ulmas; c'est Olmeda, à dix lieues d'Uzeda.—Cavalias, ou Canalias? —Madritas, Madrid.—Maqueda, dans la Nouvelle Caslilte. —Sainte-Eulalie?Berlanga, Barlonga, dans la Vieille Castille, de même que Osma. Segoncia, Siguenza.—Aavilla, Avila, dans l'Estramadure.—Turgel?Godiana(?)Emerita, ancien nom de Merida, dans l'Estramadure.—Altancora, aujourd'hui Antequerra, au royaume de Grenade.—Palence, aujourd'hui Palencia, au royaume de Léon.—Luiserne ou Lucena, dans l'Andalousie.—Ventosa, au royaume de Léon.—Caparra, ou l'ancienne Capara, aujourd'hui Las Ventas de Caparra, dans l'Estramadure.—Austurga, aujourd'hui Astorga, même royaume.—Ovetum, ancien nom d'Oviedo, dans l'Asturie.—Legio, ancien nom de Léon.—Karrion, ou Carrion de los Conde, dans le royaume de Léon.—Burgues, ou Burgos. —Nadere, «Nageras;» c'est Nagera, dans la Vieille Castille; aujourd'hui petite ville, autrefois cite puissante.—Balagurria, autrefois encore Balesguer, et aujourd'hui Balaguer, en Catalogne.—Urance, le latin porte: Urantia quæ dicitur Arcus Stella.—Clathahus, latiné: Klattahus; ce doit être: Calataiud, dans l'Aragon.—Miraclar. Le texte latin de Notre-Dame porte: Miradam; c'est Miranda de Ebro, dans la Vieille Castille. —Tuthela, Tudela, dans la Navarre.—Jasque, aujourd'hui Jaca, dans la Navarre.—Osque, aujourd'hui Huesca.—Theraconne, aujourd'hui Taracona, sur la frontière de Navarre et de Castille. —Basbastre, aujourd'hui Balbastro, en Aragon.—Boras, aujourd'hui Borja, à trois lieues de Taracona.—Aurelium, ou Aurelia, nom d'une ancienne ville de Lusitanie, depuis nommée Carissa Regia.—Alganetta, dans le latin: Alganensis urbs(?). —Adanie(?).—Ispalide, c'est Séville.—Escalonne, ou Escalona, à huit lieues de Tolède.—Hora, sans doute Oreja, lieu de l'Estramadure, sur le Tage.—Burriane, aujourd'hui Borriano, château fort à sept lieues de Valence.—Baccia, l'ancienne Bacca, dans l'Andalousie. Petrousa(?). Le manuscrit de Notre-Dame porte: «Baccia vel Troissa, in quâ fit argentum optimum.»—Sathive, ou Xativa, au royaume de Valence. Cordes, Cordoue.—Abula, ancien nom d'Avila.—Accintine, sans doute le même nom qu'Accitum, territoire des anciens Accitani.—Biserte est, en Afrique, au royaume de Tunis.—Les Grandes Isles; c'est Majorque.—Bougie, encore en Afrique.—L'Isle d'Agabibe, la cité de Boaram. Le latin porte: «Agabiba insula: Boaram quoe est urbs in Barbariâ. Mais je crois qu'il faudroit lire: «Insula Boaram, Agabiba quoe est urbs in Barbariâ.» Nous trouverions ainsi: Azebila, sur la côte de Barbarie, et l'ile d'Alboran, qui n'en est pas éloignée.—Meloide(?).—Evice; c'est Yvica, l'une des Baléares.—Formentere; c'est le cap Formentelli, dans l'île Majorque.—Alchoras, ou Alcazaz, dans la province de la Manche. —Almarie, ou Almerie, port de mer dans le royaume de Grenade, célèbre dans nos anciens romans chevaleresques pour les riches draps qu'on en tiroit.—Moncque, sans doute Almuneca, assez près d'Almerie.—Carthage: c'est Carthagène.—Septa, Ceuta. Gesir; c'est Algesiras.—La terre Landaluf, l'Andalousie. —Serrane. Le latin porte: «Sarracenorum tellus.

Toutes ces cités et ces régions devant nommées estoient obéissans à luy et à son commandement. Aucunes de ces cités conquist sans bataille et aucunes par grant engin et par grant bataille. Mais la cité de Luiserne qui siet en un val qui a nom Vauvert ne put-il prendre jusques au dernier; car elle estoit trop forte et trop garnie. En la parfin l'assegia et fut entour quatre mois; mais quant il vit que il ne la pourroit prendre par force, il fist sa prière à Dieu et mon seigneur saint Jaques; lors chaïrent les murs et demoura sans habiteurs. Et une grant eaue ainsi comme estanc, leva en mi la cité noire et obscure et horrible; si nooient dedans grans poissons tous noirs qui jusques aujourduy sont veus noer[604] parmi cel estanc. Et aucuns des anciens rois de France et des empereurs de Romme prindrent aucunes fois de ces cités devant nommées, si comme Clovis le premier roy chrestien, Clotaire, Dagobert, Pepin, Charles Martiaus; ceulx conquistrent l'Espaigne en partie, et en partie la laissèrent. Mais Charles le grant la conquist toute entièrement en son temps et la fist obéir à ses commandemens. Quatre cités y eut qu'il maudist quant il les eut conquises par grant travail; si sont maudites et sans habiteurs jusques aujourduy. C'est assavoir Luiserne, Ventouse, Caparra et Adama, et tous les temples et toutes les idoles des Sarrasins qu'il trouva en Espaigne destruist du tout en tout, fors une tant seulement qui est en la terre Landaluf, si a nom Salamcadis, si vault autant à dire comme le Dieu de Cadis. Car ce mot de Cadis si est mis pour le propre nom du lieu; Salam en Arabie si vault autant comme sire Dieu. Si dient les Sarrasins que leur Dieu Mahommet fist cel image en son propre nom, quant il vivoit, et enclost et scella dedens une légion de diables par l'art de nigromance, qui celle image tiennent en si grant force que nul ne la peut fraindre né brisier; et s'aucun crestien aproche près, tantost meurt, ou il est en grant péril de mort. Mais s'aucun Sarrasin s'aprouche, il s'en retourne sain et haitié; et s'aucun oisel s'y assiet par avanture, tantost meurt.

Note 604: Noer. Nager.

Si voulions icy deviser le siége de l'image. Sur le rivage de celle mer est une haulte pierre moult bien ouvrée d'ancienne œuvre sarrasinoise, large et quarrée par dessous, et par dessus estroite et haulte, tant comme un corbel peut voler. Sur celle haulte colombe[605] est celle image sur ses piés en estant, de cuivre fin et esméré, et si est fait te en forme d'omme. En sa destre main tient une clef, la face a tournée devers midi. Si ont sorti[606] les Sarrasins que celle clef luy doit chéoir de la main en celle année que un roy sera né en France ès derreniers jours de ce siècle[607], qui toute la terre d'Espaigne convertira à la foy crestienne; et quant ceulx de la terre verront que celle clef luy sera chéue, ils répoudront[608] leurs richesces en terre et guerpiront la terre d'Espaigne[609].

Note 605: Colombe. Colonne.

Note 606: Ont sorti. Ont vu par le sort, par sorcelleries. Le latin et plusieurs leçons de la traduction partielle de la Chronique de Turpin portent: «Ut ipsi Sarraceni asserunt.» La clef auroit dû tomber dans le XVème siècle, à la naissance de Ferdinand le catholique. Il est vrai qu'il n'est pas né en France.

Note 607: De ce siècle du monde. In novissimis temporibus.

Note 608: Ils répoudront. Ils enfouiront, feront rentrer. «Gazis suis in terrâ reconditis.»