Note 354: Eginh. Annal. A° 786.

Note 355: Bretaigne la petite. «In Britanniam Cismarinam.» Les deux phrases suivantes, qui ont leur prix, sont du fait de notre traducteur.

Note 356: Bretons-bretonnans. Cette phrase est encore de notre traducteur. On en doit conclure que du moins au XIIIème siècle l'opinion commune étoit que la langue des Bas-Bretons étoit celle des anciens habitans de l'île de Bretagne plutôt que celle des Gaulois.

Note 357: Le roy. Charlemaines.

Quant le roy eut soubmises les estranges nacions qui à luy marchissoient et il eut mise pais par tout son royaume, il appareilla son erre[358] pour aler à Rome, en propos de visiter les apostres et de conquerre une partie d'Italie qui a nom Bonivent. Car il luy sembloit que ce feust chose bien séant que le membre feust joingt au chef et que celle partie du royaume d'Italie feust de sa seigneurie, quant il en tenoit le chef, dès celle heure qu'il eust conquis le roy Desier de Lombardie.

Note 358: Son erre. Ou son oirre. Il disposa son voyage.

A ceste besoingne commencier ne voult pas faire longue demeure. Son ost assembla et entra en plain yver ès plains de Lombardie. La Nativité nostre Seigneur célébra en la cité de Florence; au plus tost qu'il peut après ala à Rome, là le receut le pape Adrien à grant honneur; puis eut conseil de l'apostole et de tous ses barons d'entrer en la province de Bonivent. Mais Arragise, le duc de celle contrée, qui jà avoit senti son advenement et fu certain qu'il vouloit entrer en sa terre, luy cuida faire changier son propos. Car il envoia avant à luy Eaumont[359], l'ainsné de ses fils, qui de par luy luy présenta ses dons et ses présens et luy prioit qu'il se soufrist[360] d'entrer en sa terre. Mais le roy qui tousjours béoit à mener à fin son propos et parfaire ce qu'il avoit commencié retint Eaumont et toute sa gent[361]; en la contrée de Champaigne ostoia et assist la cité de Capue, tout appareillié de bataille rendre au duc, sé il ne faisoit sa volonté.

Note 359: Eaumont. Ainsi portent presque toutes les leçons manuscrites. Les textes latins portent: Rumoaldo. Mais on me permettra de rappeler encore ici que nos anciens poèmes françois nous présentent souvent Eaumont ou Aumont, comme l'un des Sarrasins les plus formidables de ceux qui avoient sous le règne de Charlemngne envahi l'Italie. L'Agramant d'Arioste étoit supposé fils de cet Eaumont, ou Almont.

Note 360: Se souffrist. S'abstint. C'est un ancien gallicisme fort usité dans nos auteurs du moyen-âge.

Note 361: Et toute sa gent. Il eut fallu traduire: Et il ostoia à toute sa gent, etc. «Cum omni exercitu suo Capuam, civitatem Campaniæ, accessit, etc.»