Note 326: «Honnorablement en or et en argent. Lequel pluseurs qui à Saint-Denis vont voient au temps d'ore, ainsi noblement et honnorablement enterré. Trois ans régna icil roy Loys et lessa à la royne Blanche sa femme pluseurs enfans, c'est assavoir: Phelippe, son premier fils, qui morut en s'enfance et fu enterré en l'églyse Notre-Dame de Paris; et puis monseigneur saint Looys, Robert le conte d'Artois, Aufour le conte de Poitiers, et Charles le conte d'Anjou et de Provence qui puis fu roy de Sezille. Et une fille Ysabel, qui fu de sainte vie sans estre mariée, et gist au moustier des Cordelières delez Saint-Clooust que l'on appela Lonc-Champ, que messire saint Looys fonda à sa requeste. Un autre fils ot que l'en appela Jehan qui morut en s'enfance et fu enterré en l'églyse de Beaumont.» (N° 218, Supp. fr.)
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A la loenge et à la gloire de la benoite et inséparable Trinité, Dieu, Père, Fils et Saint-Esperit, je qui à présent sui comis de vraiement mestre en escript tous les fais des roys de France régnans en mon temps, expose et met en françois la vie du glorieus roy monsieur saint Loys[327].
Note 327: Ce préambule ne se trouve que dans le manuscrit de Charles V; il doit pourtant être de l'historiographe qui le premier ajouta aux Grandes Chroniques de France la vie de saint Louis.
On a dit plusieurs fois bien à tort que cette vie de saint Louis n'offroit que la traduction du latin de Guillaume de Nangis. Elle en diffère essentiellement; elle entre dans mille détails particuliers, et raconte beaucoup de faits qu'on chercheroit vainement partout ailleurs. C'est, en un mot, à compter de saint Louis, que les Chroniques de Saint-Denis présentent un ouvrage original.
Avec le règne de Louis VIII s'arrête le texte des Chroniques de Saint-Denis, publié jusqu'à présent dans la grande collection des Historiens de France.
CI COMENCE LA VIE MONSEIGNEUR SAINT LOYS.
Nous devons avoir en mémoire les fais et les contenances de nos devanciers, et nous devons remirer ès anciennes escriptures qui parlent des preudeshommes et de leur vie: si comme fu monseigneur Saint Loys qui se contint si honnestement en son royaume qui est de terre et de boe, qu'il en conquist le royaume des cieux que nul prince né autre ne luy peut jamais oster[328].
Note 328: Ce préambule est le sommaire de celui que Guillaume de Nangis a fait pour ses Gesta S. Ludovici noni Francorum regis. Voy. Du Chesne, tome V, p. 326.