Note 527: De Glocestre. Ce doit être une faute et il faudroit de Norfolk. C'étoit Rogier le Bigot; ou, si c'étoit Glocestre, il faudroit Richard au lieu de Rogier.

Quant la feste fu départie, le roy Henry ala visiter Saint-Denys où il avoit sa dévocion. L'abbé et le couvent le receurent moult honnourablement, et furent les moines revestus en chapes au cuer. Là demoura le roy un mois et plus; au départir il donna une coupe d'or et un grant henap d'argent. Le jour qu'il s'en parti, il donna sa fille à Jehan, fils au duc de Bretaigne, et s'en revint devers le roy de France.[528]

Note 528: Je suis, à partir d'ici, la leçon unique et complètement inédite du beau manuscrit de Charles V, n° 8395. L'édition imprimée et les autres manuscrits portent seulement:

«Le roy Loys ot conscience pour la terre de Normandie que le roy Phelippe-Dieudonné avoit conquise et retenue par le jugement des pairs de France sur le roy Jehan d'Angleterre. Par pluseurs fois en parlèrent ensemble et s'accordèrent en la manière qui en suit: C'est assavoir que le roy Henry, par sa bonne volenté et du consentement le roy Richart d'Alemaigne, quitta du tout en tout pardurablement et à tousjours au roy de France et à ses hoirs tout le droit qu'il povoit avoir en la duchié de Normandie, et en la terre d'Anjou, de Poitou et de Maine; pour laquelle quittance le roy luy donna Gascoingne et Agenois, en telle manière qu'il la tendroit en fief du roy de France et de ses hoirs, et que il soit appelé et intitulé ès registres de France duc d'Acquitaine et pair du France. Lequel hommage le roy Henry fist en la présence de ses hommes et des barons de France, et promist par son serement estre bon et loiaus vers son seigneur le roy de France. Puis que la paix fu confermée, chevaucha le roy Henry parmi France, et regarda le pays qui moult lui sembla bel.»

Lors pour tous les descors, debas, discensions, demandes et actions qui estoient et avoient esté entre les deux roys de France et d'Angleterre, fu ordené et délibéré par leur gré et volenté, en la forme et manière qui s'ensuit:

Cy après est la teneur de la chartre coment le roy Henry d'Angleterre renonça à toute la duchiée de Normandie.

[529]A tous ceux qui ces lettres verront ou orront. Nous, Boneface, archevesque de Cantorbie, primas de toute Angleterre; Wals[530], évesque de Wincester; Symon de Montfort, conte de Lincester; Richart de Clarc, conte de Glocester et de Herefort; Rogier le Bigot, conte de Norfolck et mareschal de Angleterre; Humfroy de Boün, conte de Herefort[531]; et de Essex; Guillaume de Fors, conte de Albemalle; Jehan de Plessis, conte de Warewik; Hugue le Bigot, justice d'Angleterre; Pierres de Savoie; Rogier de Mortemer; Jehan Manseil, trésorier de Guerwik[533]; Phelippe Basset[534]; Richart de Grey[534]; James de Aldichel[535] et Pierres de Montfort, conseilliers nostre seigneur le roy d'Angleterre, salus en nostre Seigneur. Nous faisons assavoir que nous avons veue et entendue la forme de la pais qui est faite et jurée entre le noble roy de France Loys et le noble roy Henry de Angleterre, nostre seigneur, en tels paroles:

Note 529: Cette pièce est la confirmation de la Compositio pacis, faite au nom de Louis, roy de France, et que l'on peut voir en latin et en françois dans Rymer, 1re édition, tome 1er, p. 688, sous la date du mois d'octobre 1259. Quant à cette confirmation, le préambule et la conclusion s'en trouvent dans la nouvelle édition de Rymer, donnée en 1816, tome 1er, p. 390. J'ai collationné notre texte sur le sien. Pour l'acte lui-même, il est conservé aux Archives du royaume et a été donné par Menart dans ses Observations sur Joinville. (Voy. éd. de Ducange, p. 369.) Mais il s'est glissé dans cette première édition de nombreuses fautes: j'ai signalé les plus grossières.

Note 530: Wals. Rym. Walt.

Note 531: Rymer: Humifroy de Bohun, comte de Rochefort.