«Lequel roy Phelippe, seurnommé Auguste, aïeul de saint Loys, puet-on véoir honorablement enterré en l'églyse Saint-Denys, devant le mestre-autel. Et en ycel jour et en ycelle meisme heure, Honoré, le pape de Rome, comme il fust en une cité de Champaigne des Italiens, là li fu révélé par la volenté divine et monstre, par la carité d'un chevalier, que il féist le service pour le dit roy Phelippe. Lequel pape avec les cardinaus célébra pour le dit roy le service et l'office des mors honnourablement. Ycil gentis et vaillans roys de France Phelippes dit Auguste qui conquist Normandie, régna quarante-trois ans. Après lequel roy Phelippe, Loys son fils, en la yde huitiesme dou moys d'aoust fu couronnés à roy de France en l'an de son éage vint-sixiesme avec Blanche sa feme, en l'églyse de Rains, de Guillaume, arcevesque de celle cité.»
Cy fenissent les fais du bon roy Phelippe.
Dans le manuscrit de Sainte-Geneviève décrit par l'abbé Lebeuf (Histoire de l'Académie des Inscriptions, tome XVI, page 172 et suiv.), on trouve les vers suivans, reproduits dans le manuscrit de la Bibliothèque du Roi coté n° 8395.
Phelippes, rois de France, qui tant ies renommés,
Je te rens le romans qui des roys est romés.
Tant à cis travaillé qui Primas est nommez
Que il est, Dieu merci, parfais et consummez.
L'on ne doit pas ce livre mesprisier né despire,
Qui est fais des bons princes, du régne et de l'empire;
Qui souvent y voudroit estudier et lire
Bien puet savoir qu'il doit eschiver et elire.
Et dou bien et dou mal puet chascuns son prou faire:
Par l'exemple des bons se doit-on au bien traire,
Par les fais des mauvais qui font tout le contraire
Se doit chacuns du mal esloignier et retraire.
Mains bons enseignemens puet-on prendre en ce livre;
Qui vuet des preudes omes les nobles fais ensuivre
Et leur vie mener, savoir puet à délivre
Coment l'on doit au siècle plus honestement vivre.
Rois qui doit tel roiaume gouverner et conduire
Se doit par soy méismes endoctriner et duire,
Loiauté soustenir et mauvaistié destruire,
Que li mauvais ne puissent aus preudes omes nuire.
Li princes n'est pas sages qui les mauvais atrait,
Li maus qui le mal pense fait de loing son atrait;
Et quant il voit son point si à tost fait tel trait
Dont il fait un fort homme mehenié et contrait.
Les preudomes doit-on amer et chiers tenir
Qui volent en tous tems loiauté soutenir;
Car avant se lairoient par l'espée fenir
Que il féissent chose dont maux déust venir.