La septiesme mena le dauphin de Vienne où il ot douze banières.
La huitiesme le conte de Hainau avecques dix-sept banières, et avoit une aile de messire Jehan son frère qui menoit les gens du roy de Behaigne[390].
La neuviesme mena le duc de Bretaigne, et avoit quinze banières: tous ceux-ci s'alèrent logier ès places que les mareschaux leur avoient bailliées à deux lieues du mont de Cassel.
Quant tous furent logiés, si vint l'arrière garde qui estoit la dixiesme bataille, et la conduisoit monseigneur Robert d'Artois, et là avoit vint-deux banières: et se traist devers le mont de Cassel, et avironna tout l'ost et passa par devant la tente du roy, et ala à une abbaïe assez près que l'en appelle la Wastine[391] et s'i loga.
L'endemain vint le duc de Bourbon en l'ost et toute sa bataille à quatorze banières.
Les Flamens qui sus le mont de Cassel estoient virent le roy, à tout le povoir de son royaume, qui estoit logié à deux lieues d'eux; mais oncques pour ce ne se effroièrent, ains mistrent leur tentes hors de la ville et s'alèrent logier sur le mont, pour ce que les François les peussent veoir; et ainsi furent trois jours les uns contre les autres sans riens faire. Et au quatriesme jour se desloga le roy, et s'ala logier de une lieue près sus une petite rivière que on appelle la Pienne; adonc vint monseigneur Robert de Flandres à toute sa bataille, où il ot cinq banières.
Lors le roy de France prist conseil à ses barons coment il les pourroit avoir au bas du mont, car sur le mont il n'avoit mie jeu parti[392]; et pour ce envoia par un mardy, veille saint Barthelemi au point du jour, les deux mareschaux, et messire Robert de Flandres par devers le terrouer de Bergues et boutèrent le feu; et pour ce les cuidièrent traire jus hors du mont; mais oncques n'en firent compte, ains vindrent toute jour au pié du mont paleter aux gens du roy, et les chevaliers montèrent sus leur roncins, en leur purs auquetons[393] pour veoir les paleteis; et quant il véoient aucun blescié qui bien avoit fait la besoigne si en rioient et moquoient.
Quant les mareschaux furent venus de fourrer, si s'alèrent aaisier; car il avoient le jour grant peine soufferte, né oncques en l'ost du roy on ne fist guet, et les grans seigneurs aloient d'une tente en l'autre pour eux déduire en leur belles robes.
V.
Coment les Flamens descendirent estoutiement[394] et cuidièrent seurprendre le roy, et coment les Flamens furent desconfis et occis environ dix-neuf mille et huit cens personnes.