[3]: Les bardes irlandais étaient renommés en Angleterre et même en France, ainsi qu'on peut le conclure de ce passage. Ajoutons que sous le règne d'Étienne on voit un prince de North-Wales, Gryfydd ap Conan, faire venir des chantres irlandais pour instruire et réformer les bardes gallois. (Walker, Mém. hist. sur les bardes irlandais, cité par M. Park, dans Warton, Dissertat. I.)

[4]: Quand nos ancêtres admettaient les chanteurs et les joueurs d'instruments dans toutes leurs fêtes et dans toutes leurs expéditions guerrières, ils nous donnaient un exemple que nous avons suivi. Il n'y a pas aujourd'hui un seul régiment qui n'ait son corps de musiciens. Seulement, au lieu de généreux chants de guerre, nous avons de grands effets d'instruments aussi bien appréciés des chevaux que des hommes. Dans le moyen âge, le roi des ménestrels n'était souvent que le chef d'orchestre d'un corps de musiciens, et je me souviens d'avoir vu, en 1814, des régiments, des hordes de cosaques marcher sur des chevaux non sellés, la lance au poing, et précédés de plusieurs rangs de chanteurs qui, sans instruments, produisaient les plus grands effets.

[5]: Cette partie de l'Introduction avait été lue à l'Académie des Inscriptions et Belles-lettres, quand mon honorable ami, sir Frédéric Madden, m'envoya l'étude qu'il venait de publier On Geoffroy of Monmouth, en échange de mon travail. Je vis avec une bien grande satisfaction que les conclusions du savant antiquaire anglais s'accordaient exactement avec les miennes, pour la double date de la publication de l'Historia Britonum. Si j'en avais eu plus tôt connaissance, je me serais contenté de traduire tout ce qu'il a si bien dit de cette double date.

[6]: Voyez M. T. Wright, On the litterary history of Geoffroy of Monmouth. In-4o, 1848, p. 7.

[7]: Le nom de famille de l'archidiacre Gautier ou Walter ne nous est pas donné par Geoffroy. Mais, en consultant les listes d'anciens dignitaires de l'église d'Oxford, on a trouvé Walter of Wallingford, contemporain présumé de Geoffroi de Monmouth.

[8]: In mirum contuli quod intra mentionem quam de regibus Britanniæ Gildas et Beda luculento tractatu fecerant, nihil de regibus qui ante incarnationem Christi Britanniam inhabitaverant, nihil etiam de Arturo cæterisque compluribus qui post incarnationem successerunt, reperissem: cum et gesta eorum digna æternitatis laude constarent, et a multis populis, quasi inscripta, jocunde et memoriter prædicentur[8-A]. (Epistola dedicatoria.)

[8-A]: Ce passage aurait dû empêcher les critiques anglais, et même les savants éditeurs des Monumenta historica Britannica, Henri Parrie et le Rév. John Sharp, 1848, in-folio, p. 63 de leur préface, de croire que Geoffroy de Monmouth, en citant Gildas, entendait parler de la Chronique de Nennius; cette chronique étant précisément consacrée aux rois bretons dont Gildas ne faisait pas même mention.

[9]: Hic est Arturus de quo Britonum nugæ hodièque délirant; dignus plane quod non fallaces somniarent fabulæ, sed veraces prædicarent historiæ; quippe qui labantem patriam diu sustinuerit infractasque civium mentes ad bellum acuerit. (De Gestis Angliæ Regum, lib. I.)

[10]: Alvredi Beverlacens. Annales, seu Historia de gestis regum Britanniæ lib. IX.

[11]: «The most remarquable circumstance connected with the earlier manuscripts of Nennius is that they appear to have been written abroad, and, in fact, never to have been in England... Every thing in fact seem to show that this book was new in England, when it fell into the hands of William of Malmsbury and Henry of Huntingdon; and we may fairly be allowed to presume that it was brought from France.» (On the litterary history of Geoffroy of Monmouth. London, in-4o, 1848, fo 7.) Cette opinion est d'autant plus précieuse que M. Wright ne tire aucune conséquence de l'origine continentale du Nennius et de son introduction tardive en Angleterre.