[80]: La plupart des manuscrits donnent ici Quimper-corentin, au lieu de Caradigan; c'est une erreur. De même, dans la partie inédite du livre d'Artus, au lieu de faire résider la belle Lyanor à Quimper, elle est dame de Caradigan ou Cardigan, en Galles. Il faut assurément préférer Caradigan. Cette étrange confusion dans le nom des résidences d'Artus semble tenir à ce que les plus anciens récits se rapportaient à la France bretonnante. Les assembleurs, en transportant la scène en Angleterre, auront oublié d'opérer, pour un certain nombre d'aventures, le même déplacement ou, si l'on peut parler ainsi, le même déménagement.
[81]: On voit que le rédacteur du Lancelot connaissait mal le livre d'Artus, où Sagremor, neveu de l'empereur de Constantinople est admis, le jour même qu'il est présenté au roi, parmi les chevaliers de sa maison. (Voy. t. II. p. 204.) Ajoutons que dans une première rédaction du roman d'Artus, fournie par le manuscrit Bachelin, fo 96, Sagremor est fils de Nabor le desréé, père nourricier de Mordret.
[82]: Il se peut que la brisure, dans le blason, ait tiré sa raison d'être de ce passage du Lancelot. Elle devait indiquer la distinction des branches puînées, et disparaissait quand le droit ouvert de succession donnait à celui qui l'avait prise la primogéniture. C'est ainsi que la branche de Bourbon-Orléans porte encore la brisure du lambel.
[83]: Ces rêveries sont fréquentes chez Lancelot, chez Hector et même chez Gauvain. Elles sont le type de celles de Guilan le pensif dans l'Orlando furioso.
[84]: Apparemment parce que leurs devoirs à son égard ne leur auraient pas permis de la contraindre, et parce qu'ils avaient un intérêt réel à ce que leur suzerain fût homme à bien défendre sa terre et ses vassaux.
[85]: Proie, dans le véritable sens qu'il avait encore, répond à prœdium, le bétail.
[86]: Nouvelle preuve de l'ignorance où était le romancier de la topographie de la Grande-Bretagne. Windsor au nord du pays de Galles, au milieu d'une grande forêt!
[87]: Var. Belinan.—Benian.—Halinan.
[88]: L'imprimé qui fait ici rappeler l'aventure de la Fontaine du Pin, avait passé le récit de cette aventure; si bien qu'on ne peut savoir, avec lui, pourquoi Hector rougit de modestie.
[89]: Var. «bretesche.» La barbacane, dit fort bien M. Viollet-le-Duc, était un ouvrage de fortification avancé qui protégeait un passage ou une porte, et qui permettait à la garnison d'une forteresse de se réunir à couvert et, de là, faire des sorties ou protéger une retraite.» (Dict. de l'architecture franc.) L'excellent dessin qu'on trouve t. II, p. 113, s'applique parfaitement à la barbacane du château de l'Étroite marche.