Le dîner des Rois est un de ceux qui mettent en liesse la gent enfantine.
En effet, quoi de plus charmant que de voir des paires de beaux petits yeux s'attacher ardemment à la croûte dorée sous laquelle repose l'espoir d'une royauté éphémère et joyeuse!
On découpe la galette en autant de parts qu'il y a de convives plus une, «dénommée la part du Bon Dieu»; on pose une serviette blanche dessus et la personne la plus jeune de la société tire les parts au hasard, en désignant la personne à laquelle cette part est destinée.
La bienséance et la prudence veulent qu'on tâte soigneusement son morceau pour découvrir si la fève, le haricot ou le bébé de porcelaine, en vogue depuis quelques années, ne se trouve pas dedans, avant de le porter aux lèvres.
Un ou une invitée doit envoyer la fève sur une assiette (et non la mettre dans le verre, comme cela se pratique trop souvent), au maître de maison ou au plus jeune fils, à la maîtresse ou à la plus jeune fille; les maîtres et maîtresses de maison choisissent dans leurs convives la personne à laquelle ils veulent faire honneur.
On crie: «Vive le roi! vive la reine!» chaque fois que l'un des deux porte le verre à ses lèvres; le roi n'est nullement tenu de «relever» sa royauté.
Dans certaines familles charitables, le roi met une petite somme d'argent sur la part du Bon Dieu et le tout est donné à un pauvre.
Le tirage de la fève est une charmante coutume qu'on ne doit pas laisser tomber en désuétude; si ce n'est pas la tranquillité des parents, c'est au moins la joie des enfants.
On peut leur offrir cette satisfaction pendant tout le mois de janvier; après la première fête, la galette n'est plus obligatoire, n'importe quel gâteau peut la remplacer.
Le réveillon.