La robe d'une entière blancheur a fait place, elle aussi, à toutes les teintes délicieusement fausses qui sont en vogue, et les jeunes filles sont habillées comme les jeunes femmes, sauf le décolleté plus modeste et l'absence de bijoux.
Les gants doivent toujours être très longs, montant au-dessus du coude; je préfère les teintes rosées, biscuit, gris clair, au gant blanc.
La petite palatine de satin piqué ornée de cygne ne se porte plus; on a tout simplement une gaze, une mantille, qu'on peut jeter sur ses épaules.
En fait d'accessoires, la femme n'a plus que l'éventail, le mouchoir et le carnet de bal.
La sortie de bal se laisse au vestiaire.
La toilette des hommes est toujours la même: habit noir, pantalon noir, gilet noir à cœur, cravate blanche, souliers vernis, gants blancs, les seuls dont le corsage des dames n'a pas à redouter le contact. Dans le grand monde, on arbore la culotte courte, les bas de soie noirs, l'escarpin, l'habit rouge et même, suprême fantaisie, l'habit en soie glacée, gorge-de-pigeon.
C'est fort joli dans un certain milieu.
Les bals sont généralement indiqués pour dix heures et demie ou onze heures; on doit être «paré», comme on dit en style maritime, une demi-heure avant.
Il ne faut pas arriver trop tôt pour voir «allumer les chandelles»; pas trop tard non plus.
Je n'engagerai jamais les maîtres de maison désireux d'avoir foule dans leurs salons à donner des invitations en blanc; sait-on qui peut venir?