Le salut.
A existé de tous temps et chez tous les peuples, mais cette manifestation du primordial savoir-vivre est différente selon les latitudes et les pays.
Le salut a eu son apogée sous Louis XIV et sous Louis XV, alors que les gentilshommes, l'échine courbée, balayaient le sol de l'empanachement de leurs chapeaux et que les marquises poudrées élargissaient d'un geste mignard, du bout de leurs doigts roses, les tant jolis paniers qui leur faisaient taille fine et gorge divine, en exécutant la grande révérence de cour à trois pliés.
Le salut océanien consiste en un frottement de nez entre les deux parties; ce n'est pas à recommander.
Le salut chinois se fait avec une profonde inclinaison et les deux index levés en l'air, faisant cornes au-dessus de la tête du Céleste.
Le salut oriental, plein de poésie, consiste à porter la main droite à son cœur, à ses lèvres et à sa bouche, ce qui signifie dans le langage métaphorique du peuple qui envoie si volontiers les bouquets emblématiques appelés «Sélam»: «Je suis avec vous de cœur, de bouche et de pensée».
Le salut européen consiste, lui, en un mouvement sec et gênant pour les hommes et pour les femmes.
Les hommes, les bras tombant à la hauteur des genoux, plient le corps en deux: c'est le salut de grande cérémonie.
Pour le salut tout courant, ils enlèvent leurs chapeaux d'un coup de main et inclinent un peu la tête d'un coup de cou. Les femmes font un petit signe de tête et voilà.