Je sais fort bien que les mœurs, le costume moderne, ne permettent plus le salut à grands falbalas, mais un peu de moelleux dans l'attitude, de part et d'autre, ne nous irait pas mal.

Avec notre genre de salut, adieu l'ondulation charmante d'une taille souple; le salut moderne est tout bonnement affreux. Je ne veux pas reculer de plusieurs siècles en arrière, mais je voudrais voir les femmes et les hommes nuancer leurs saluts et ne pas avoir le même geste pour un camarade ou pour un vieillard, pour un inconnu comme pour un ami.

Les hommes devraient saluer les femmes en fléchissant légèrement la tête et le buste.

De même les jeunes dames devraient mettre une nuance de déférence dans les saluts adressés aux femmes âgées.

Le salut est dû par les hommes en entrant dans un restaurant, un café, un omnibus, un wagon, enfin dans tous les lieux publics.

Un récent ouvrage de savoir-vivre voudrait qu'on répondît à ce salut; je ne suis pas de cet avis et ne vois nullement une vingtaine de têtes s'inclinant devant un seul homme.

Lorsqu'une femme est croisée dans l'escalier, et saluée, elle doit répondre par une légère inclinaison de tête.

De même, en quittant un wagon, on a droit au rendu de son salut.

La salutation de la main, familière et de mauvais ton, tend à remplacer peu à peu chez nous le «bonjour, cher», qui est d'une suprême impertinence.

Encore très mal vu le salut qui consiste à porter deux doigts à son couvre-chef.