Nous ne décrirons pas le furet, car c'est un jeu universellement connu.

Quant au jeu de collin-maillart-bâton, il est des plus simples: on bande les yeux d'une personne et on lui met une canne dans la main, puis la guidant vers les autres membres de la société, ceux-ci, à tour de rôle, l'arrêtent et doivent répéter le cri ou la phrase que le pauvre aveugle fait entendre au bout du bâton; celui-ci doit reconnaître la personne et s'il tombe juste, il est délivré et un autre prend sa place.

Si nous abordons les jeux d'esprit, nous avons les petits papiers, sous forme de bouts rimés, du jeu des définitions, et des réponses à des questions.

Pour le jeu des définitions, il peut se jouer de deux façons: la première en posant à la société le même mot à définir; à chacun d'y répondre avec son esprit et avec son cœur.

La seconde manière consiste à faire écrire à chaque personne un mot quelconque dans le haut d'une feuille de papier, à cacher ce mot par un pli, puis faisant salade de toutes ces feuilles chacun en reprend une et découvrant le mot inscrit, doit en donner la définition banale ou spirituelle, générale ou personnelle.

Enfin on joue encore quelquefois à deviner les hommes ou les choses: pour ce jeu, il faut prier une personne de la société de se retirer quelques instants dans la chambre voisine. On choisit alors un personnage mort ou vivant, historique ou figuré, ou bien encore un objet connu. Nous pouvons donner comme exemples: Cléopâtre, Bayard, Jeanne d'Arc, ou bien Sarah Bernhardt, Coppée, Carolus Duran, ou même une personne de la société présente. Comme objet, l'épée de Damoclès, le miroir de la vérité, ou encore un objet du salon où l'on se trouve. L'objet choisi, on prie la personne absente de rentrer; elle doit alors deviner l'objet ou le personnage par des questions multiples posées à chacun et auxquelles il ne peut être répondu que par oui ou par non sans le moindre commentaire.

L'habitude de ce jeu et l'intelligence des questions permettent de deviner assez rapidement les objets les plus bizarres et même les plus immatériels. Ainsi nous avons vu des personnes deviner l'ombre même d'une personne, la chaleur rayonnante d'une flamme, etc., etc.

Les homonymes ont aussi leurs adeptes. On joue aux homonymes comme dans le jeu précédent par une série de trois questions posées à chacun par la personne désignée pour deviner l'homonyme choisi en son absence. Ces trois questions sont: 1o Comment l'aimez-vous? 2o Qu'en faites-vous? 3o Où le placez-vous? en rapprochant les diverses réponses, on trouve aisément.

Exemple: Nous prenons Lot, qui nous donne le département du Lot, puis le lot d'une loterie, puis Loth, personnage de l'Histoire sainte; il est certain que si les réponses ont été dans le sens des suivantes: j'en fais un département, j'en fais le père des statues de sel, je l'aime le plus gros possible, je le place entre les mains d'un obligataire du Crédit foncier, etc., la personne qui doit deviner trouve en peu de temps le mot Lot.

Tous ces jeux demandent un certain nombre de personnes présentes.