Les étrennes d'argent, les plus agréables, ne peuvent s'offrir que de mari à femme, de parents à enfants, de maîtres à serviteurs.
Les étrennes d'amitié sont les petits ouvrages faits par les jolis doigts de la donatrice, le dessin, le pastel, le tableautin peint par l'artiste de la famille; le portecrayon échangé entre camarades, enfin moins que rien; mais ces étrennes-là sont les plus touchantes: on a pris de son temps, de sa vie pour confectionner cette bagatelle.
Lorsqu'on nous apporte des étrennes, il est de mauvais goût de ne pas ouvrir le paquet de suite et de dire merci simplement, sans regarder.
Celui qui se dérange a droit aux remerciements et aux exclamations de plaisir que son présent doit provoquer.
Même si la chose n'est pas à notre gré, il faut avoir l'air ravi.
Ne raillons jamais le cadeau de l'un devant l'autre; ne l'évaluons pas.
Ne faisons pas de parallèle entre ce que nous recevons et ce que nous donnons.
Si nous avons déjà reçu un présent semblable, n'en exprimons pas le regret.
Il est du savoir-vivre de témoigner plus de reconnaissance à une personne qui nous offre un objet modeste qu'à celle qui nous fait un cadeau splendide: la première est quelquefois honteuse de la médiocrité de son présent, la seconde a conscience de la valeur du sien.
Si on nous envoie un présent par un domestique, l'usage veut qu'on lui remette une pièce d'argent, variant de cinquante centimes à cinq francs; jamais plus, car on aurait l'air de vouloir rendre la valeur de l'objet.