Dans le second cas, il ne faut pas la porter sous le bras, on risque ainsi de crever l'œil à quelqu'un; ne pas la tenir non plus comme un fusil, encore moins faire des moulinets avec ou la serrer contre son cœur comme une nourrice tient son poupon, ou encore l'accrocher à la boutonnière de son vêtement; la brandir comme une trique, ou en frapper le sol, avec le martèlement sonore d'un suisse de cathédrale.
Ces observations s'appliquent également à l'ombrelle et au parapluie fermés.
Pour l'ombrelle ou le parapluie ouverts, tenir cet objet bien droit en faisant attention de ne pas l'empêtrer dans la voilette.
L'éventail, ce sceptre de la femme, doit se manier avec le nonchaloir des Espagnoles et des Italiennes qui ont toujours ce petit meuble en main; si on ne s'en sert que par hasard, on a presque toujours l'air un peu gêné; il faut donc s'en servir l'été, et l'hiver ne le sortir du tiroir que les jours de bal ou de théâtre.
Ne nous éventons pas à coups pressés, ne battons pas la mesure avec notre éventail sur notre main ou sur le rebord de la loge; ne nous en cachons pas à demi le visage.
Nos aïeules donnaient volontiers de petits coups d'éventail sur les doigts des hommes en les appelant de certains noms badins que le XVIIIe siècle autorisait.
Notre savoir-vivre a supprimé ce laisser aller.
Le mouchoir de poche, qui a joué un rôle prépondérant, est maintenant sagement remisé au fond de la poche.
Il y a une quarantaine d'années, le grand genre était, pour une élégante, de tenir précieusement à la main un mouchoir richement garni de dentelles et de broderies, pour aller en visite, au spectacle ou au bal; il est bon de dire qu'elle en avait un autre plus ordinaire en réserve pour l'usage intime, imitant en cela les Japonais, qui enfournent dans leurs immenses manches toute une série de mouchoirs de poche en fin papier de riz. Dans le pays où fleurit le chrysanthème, on ne se sert qu'une fois de son mouchoir.