»Lieutenant-commandant.
| »1 | Lieutenant de Long. | »8 | H.-H. Erickson. |
| »2 | Le chirurgien Ambler. | »9 | H. Knack. |
| »3 | M. Collins. | »10 | G.-W. Boyd. |
| »4 | W.-F.-C. Ninderman. | »11 | W. Lee. |
| »5 | A. Gortz. | »12 | N. Iverson. |
| »6 | Ah Sam. | »13 | L.-P. Noros. |
| »7 | Alexis. | »14 | A. Dressler.» |
»Un record a été laissé enfoui au pied d’un poteau, à environ un mille au nord de la pointe méridionale de l’île de Semenowski; les trente-trois personnes, officiers ou matelots composant l’équipage de la Jeannette, ont quitté cette île, dans trois canots, le 12 courant au matin (il y a huit jours). La même nuit nous fûmes séparés par un coup de vent, et je n’ai pas revu les deux autres embarcations depuis. J’avais donné l’ordre, au cas où un pareil accident surviendrait, à chacun des canots, de faire tous ses efforts pour arriver à une station sur les bords de la Léna, sans attendre les autres. Mon canot a touché terre le 16 courant au matin. Je suppose que nous nous trouvons dans le delta de la Léna. Je n’ai pas eu une seule occasion de vérifier notre position depuis que j’ai quitté l’île Semenowski. Après deux jours de vains efforts pour aborder sans nous échouer ou d’atteindre une des embouchures de la rivière, j’ai abandonné mon canot, et nous avons été obligés de gagner la rive à gué en emportant nos provisions et nos effets pendant la distance d’un mille et demi. Il nous faut maintenant, avec la grâce de Dieu, nous rendre à pied à une station, dont la plus rapprochée est je crois à quatre-vingt-quinze milles. Nous sommes tous en bonne santé et avons des vivres pour quatre jours, des armes, des munitions; nous emportons avec nous les livres et les papiers du navire seulement, avec des couvertures, des tentes et quelques médicaments. C’est pourquoi nous avons bonne chance de nous en tirer.
»George W. de Long, commandant.
»Dans une hutte du delta de la Léna,
que nous croyons être près de Tcholbogoje.
»Jeudi, 22 septembre 1881.»
Après avoir répété les noms déjà donnés plus haut dans les autres rapports, le lieutenant de Long, écrit au crayon, comme pour celui du 19, le rapport suivant:
»Mon canot ayant résisté à la tempête le 16 septembre au matin, après avoir essayé pendant deux jours d’arriver à la côte, et en étant empêché par les bas-fonds, nous l’avons abandonné et avons gagné la côte à gué, emportant nos armes, nos provisions et des rapports, jusqu’à un point éloigné d’environ douze milles d’ici. Nous avons souffert quelque peu du froid, de l’humidité et du manque d’abri. Trois de nos hommes sont devenus boiteux. Comme il ne nous restait que quatre jours de vivres, nous avons réduit les rations. Nous avons été forcés de nous diriger au sud.
»Lundi, 19 septembre.—Nous avons laissé sur le rivage un monceau de nos effets près desquels nous avons planté un poteau: ce sont nos instruments, les chronomètres, les livres de bord de deux années, la tente, et des médicaments; nous étions absolument incapables de les emporter. Il nous a fallu quarante-huit heures pour faire ces deux milles, à cause de nos invalides. Ces deux huttes me semblent un lieu favorable pour attendre le chirurgien et Ninderman, que j’envoie en avant pour chercher du secours. Heureusement, la nuit dernière nous avons tué deux rennes, qui nous assurent une abondante nourriture pour le présent, et comme nous en avons vu beaucoup d’autres, nous ne sommes pas inquiets pour l’avenir. Aussitôt que nos trois malades pourront marcher, nous reprendrons notre route pour gagner une station sur le bord de la Léna.
»Samedi, 24 septembre, 8 heures du matin.—Nos trois boiteux sont maintenant en état de marcher; nous allons donc reprendre notre route, avec de la chair de renne pour deux jours, du pemmican pour deux jours et trois livres de thé.