César, Guerre des Gaules, liv. VII, ch. 79 à 89.

VERCINGÉTORIX SE REND A CÉSAR.
52 av. J.-C.

Vercingétorix, ayant pris ses plus belles armes et un cheval magnifiquement harnaché, sortit des portes d'Alise, et après avoir fait quelque passade autour de César qui était assis sur son tribunal devant son camp, il sauta de son cheval, dépouilla ses armes, et vint se mettre aux pieds de César, où il demeura dans un profond silence jusqu'à ce que César le donnât en garde à ses gens, afin qu'on le réservât pour son triomphe.

Plutarque, Vie de César; trad. de Dacier.

Plutarque, écrivain grec, naquit en 48 ap. J.-C. à Chéronée en Béotie, et y mourut très-vieux, après avoir enseigné la philosophie à Rome pendant quelques années. Il est auteur d'un assez grand nombre de biographies d'hommes illustres de la Grèce et de Rome, et d'une quantité de traités de politique et de morale.

AUTRE RÉCIT DU MÊME FAIT.

Après sa défaite, Vercingétorix, qui n'avait été ni pris ni blessé, pouvait fuir; mais espérant que l'amitié qui l'avait uni autrefois à César lui ferait obtenir grâce, il se rendit auprès de lui, sans avoir fait demander la paix par un héraut, et parut soudainement en sa présence au moment où il siégeait dans son tribunal. Son apparition inspira quelque effroi, car il était d'une haute stature et il avait un aspect fort imposant sous les armes. Il se fit un profond silence: le chef gaulois tomba aux genoux de César, et le supplia, en lui pressant les mains, sans proférer une parole. Cette scène excita la pitié des assistants, par le souvenir de l'ancienne fortune de Vercingétorix, comparée à son malheur présent. César, au contraire, lui fit un crime des souvenirs sur lesquels il avait compté pour son salut. Il mit sa lutte récente en opposition avec l'amitié qu'il rappelait, et par là fit ressortir plus vivement l'odieux de sa conduite. Ainsi, loin d'être touché de son infortune en ce moment, il le jeta sur-le-champ dans les fers et le fit mettre plus tard à mort, après en avoir orné son triomphe.

Dion Cassius, Histoire romaine, liv. XL, h. 41.

CONQUÊTE DE LA GAULE PAR CÉSAR.