«Quiconque[166] parmi les officiers, ou dans quelque classe de citoyens que ce soit, sera convaincu d'avoir accepté un patronage, qu'il soit soumis aux peines de droit. Quand aux possesseurs[167], qu'on les contraigne, bon gré mal gré, d'obéir aux statuts impériaux et de contribuer aux charges publiques. Que s'il se trouve des villages qui, à raison des avantages de leur position ou du nombre de leurs habitants, osent s'y refuser, qu'on leur inflige tel châtiment que de droit.»

«Quiconque[168] accordera son patronage aux paysans, de quelque dignité qu'il soit, qu'il soit maître de la milice, comte, proconsul, vicaire, préfet de la province, tribun, curiale, ou de telle autre dignité, qu'il paye une amende de 40 livres d'or pour chaque patronage accordé, s'il ne renonce à l'avenir à une pareille témérité. Et non-seulement ceux qui accueilleront les paysans dans leur clientèle seront frappés de l'amende en question, mais ceux qui y recourront pour échapper à l'impôt en payeront le double.»

«Nous avons attaché des peines plus sévères aux lois faites par nos prédécesseurs pour défendre les patronages. Ainsi, à l'avenir, quiconque sera convaincu d'avoir accordé son patronage à des laboureurs ou à des villageois propriétaires, qu'il soit dépouillé de son propre bien. Quant aux laboureurs, qu'ils soient aussi dépouillés de leurs terres[169]

Toutes ces menaces furent également impuissantes, car la situation était déjà plus forte que les hommes; la dissolution suivit son cours, et marcha rapidement vers son terme.

Lehuërou, Histoire des institutions mérovingiennes et carlovingiennes, t. I, p. 136.

Lehuërou, né en 1807, mort en 1843, était professeur à la faculté des lettres de Rennes. Son ouvrage a paru en 2 vol. in-8o (1841-43).

DE LA RACE CELTIQUE.

Avant d'amener les Allemands sur le sol de la Gaule et d'assister à ce nouveau mélange, j'ai besoin de revenir sur tout ce qui précède, d'évaluer jusqu'à quel point les races diverses établies sur le sol gaulois avaient pu modifier le génie primitif de la contrée, de chercher pour combien ces races avaient contribué dans l'ensemble, quelle avait été la mise de chacune d'elles dans cette communauté, d'apprécier ce qui pouvait rester d'indigène sous tant d'éléments étrangers.

Divers systèmes ont été appliqués aux origines de la France.