[124] Le comte de Montfort ne mourut point en prison. Dès le 1er septembre 1343 le parlement avait ordonné qu'il fût élargi à certaines conditions, ainsi que le rapporte du Tillet. Cet arrêt ne fut point mis à exécution; mais le comte de Montfort trouva moyen de s'évader vers la fin d'avril ou le commencement de mai 1345, déguisé en marchand. Il passa aussitôt en Angleterre, où il fit hommage à Édouard, pour le duché de Bretagne, le 20 mai, comme on l'a remarqué ci-dessus, et, toujours poursuivi par la mauvaise fortune, il revint mourir au château de Hennebon en Bretagne, le 26 septembre de la même année. (Note de Buchon.)

[125] Brest est beaucoup plus éloigné de Hennebon: aussi, suivant les historiens de Bretagne, ce fut dans le château d'Auray et non dans celui de Brest que la comtesse de Montfort se réfugia. (Note de Buchon.)

[126] Jusques après midi.

[127] La manière dont Froissart parle de ce lieu et la situation qu'il lui assigne ne peuvent convenir ni à la ville de Dinant dans le diocèse de Saint-Malo ni à celle de Guingamp dans le diocèse de Tréguier, que quelques manuscrits et les imprimés nomment au lieu de Dinant: l'une et l'autre sont trop éloignées de Vannes et d'Auray. Peut-être faudrait-il changer le d en b, et lire Bignant au lieu de Dignant. Bignant est un gros village ou bourg assez près de Vannes et d'Auray, et très-bien placé pour être le théâtre des faits que Froissart va raconter. Peut-être aussi l'historien connaissait-il mal la géographie de la Bretagne et s'est-il trompé sur la position de Dinant. (Note de Buchon.)

[128] Il n'est guère possible que Louis d'Espagne ait rencontré sur sa route en allant d'Auray, soit à Bignan, qui est au nord de cette place, soit à Dinant, qui est à l'orient, à une assez grande distance, le château de Conquêt, situé à la pointe occidentale de la Bretagne. Il n'est guère plus possible que Gautier de Mauny se soit transporté avec une troupe nombreuse, en une matinée, de Hennebon au Conquêt de Brest, c'est-à-dire à plus de trente lieues. L'historien ignorait donc la position des lieux dont il a parlé, à moins qu'on ne suppose, ce qui n'est pas très-vraisemblable, qu'il existait un autre château de Conquêt que celui que nous connaissons. (Note de Buchon.)

[129] On appelait ainsi la basse Bretagne; la haute se nommait Bretagne Galot.

[130] Saint-Mathieu-Fin-de-Terre, cap situé à la pointe occidentale de la Bretagne, près du Conquêt.

[131] En avait la principale gloire et le chapeau, ou la couronne.

[132] Alphonse XI, roi de Castille.

[133] Le récit des événements de la guerre de Bretagne est en général assez exact; il s'accorde si bien avec les chartes et autres pièces originales, que les historiens de la province l'adoptent presque sans restriction. Mais il n'en est pas de même de la chronologie; les faits ne sont pas toujours placés dans l'ordre ni sous les dates qui leur conviennent, comme nous le remarquerons à mesure que l'occasion s'en présentera. Ici, par exemple, Froissart suppose l'année 1342 près de finir, de sorte qu'en suivant son calcul l'arrivée de Robert d'Artois en Bretagne, celle du roi d'Angleterre et la plupart des autres faits qu'il va raconter se seraient passés dans le cours de l'année 1343; tandis qu'il est constant, par le récit des autres historiens et par les actes publiés dans le recueil de Rymer et dans le volume des Preuves de l'Histoire de Bretagne, que ces événements appartiennent à l'année 1342. (Note de Buchon.)