La foire du Beuvray au seizième siècle est ainsi décrite par Guy Coquille:
«En la dite cime du Beuvray se tient une foire renommée par toute la France ... qui représente beaucoup d'antiquité car elle se tient chacun an le premier mercredy du mois de may.
«Au temps du paganisme les marchands soulaient sacrifier et faire leurs voeux a Maja déesse fille d'Atlas, et à Mercure son fils, en ce mois de may, pour avoir leur faveur au trafic de leurs marchandises.
Le mois de may est dit majus, en l'honneur de la dite Maja du temps des Romains, ainsi que dit Ovide au cinquième livre des Fastes; Mercure était le dieu des marchands comme se voit au prologue de la comédie de Plaute, Amphytrion. Et on voit encore aujourd'huy que cette foire est à jour de mercredy dit de Mercure et au mois de may dit de Maja.»
De nos jours, quoique singulièrement déchue, cette foire subsiste encore; elle est même l'occasion, entre les paysans, de rixes parfois sanglantes, car on s'ajourne au premier mercredi de mai pour vider en champ clos les anciennes querelles sur le sommet de la Terrasse.
PARC AUX CHEVAUX
Il commence aux pentes inférieures de la Terrasse et se prolonge jusqu'au Theureau de la Roche entre les vallées de la Goutte-Dompierre et de l'Écluse.
Des fouilles pratiquées sur ce plateau, au début des explorations, par M. le vicomte d'Aboville, ont mis à jour les substructions de plusieurs maisons construites avec un certain luxe, et renfermant même des mosaïques,--bien qu'on n'y ait trouvé que des médailles gauloises.
On rencontra dans ces fouilles les aqueducs et les premières salles d'une vaste habitation, dont les proportions dépassent tout ce qui a été découvert jusqu'à ce jour au mont Beuvray.
Cette maison--dite du Parc-aux-Chevaux--est construite sur le plan des maisons romaines, mais nous n'hésitons pas à l'attribuer aux derniers temps de l'indépendance de la Gaule, car on y a trouvé quarante médailles gauloises et pas une seule médaille de l'empire.