Elle se compose--comme les maisons luxueuses de l'antiquité--d'un atrium entouré de couloirs ou fauces qui desservent les appartements distribués sur les quatres faces.
Pendant les trois années qu'ont duré les fouilles de ce vaste bâtiment, on chercha inutilement l'entrée principale aux trois parties les mieux exposées, sud, est, ouest, et c'est avec surprise qu'à la fin du travail on la découvrit en plein nord dans des conditions qui prouvent que nos aïeux étaient aguerris contre les intempéries des saisons et la rudesse de l'Hiems gallica.
On accédait au seuil par des marches de granit conduisant à un petit vestibule couvert, qui débouchait lui-même sur une cour; d'autres cours s'étendaient à droite et à gauche et étaient entourées de dépendances considérables.
Les appartements--dans plusieurs desquels on a reconnu des traces de mosaïque, des carrelages carrés et triangulaires en schiste ou formés par des briquettes posées sur champ et imitant la feuille de fougère, comme nos parquets, des traces de placage en calcaire oolithique autour des pieds-droits des portes, des cheminées aux brasseros en briques parfaitement construits...--font de cette maison une sorte de petit palais dont il nous est impossible de préciser la destination, mais que nous oserions presque attribuer au vergobret si nous avions l'assurance que ce magistrat suprême--pris dans toutes les parties de la cité indistinctement--avait à Bibracte une résidence fixe. Dans cette hypothèse, il faudrait admettre que les Gaulois possédaient des bâtiments publics.
Une belle source, située dans l'arrière-cour, et qui, depuis s'est fait jour par dessous le massif de glaise sur lequel repose l'habitation, va former la fontaine du Loup-Bourrou, qui sort à 150 mètres plus loin, et conserve encore aujourd'hui une partie de sa voûte gauloise construite en tuileaux et en terre glaise.
Le bâtiment dont on vient de parler--établi dans une anfractuosité qui le mettait à l'abri des coups de vent et de la foudre--était adossé du côté du levant aux pentes que coupe la grande voie du Rebout et situé le long d'une chaussée empierrée, non encore explorée.
Au nord et à l'ouest s'étendent de vastes espaces couverts de ruines, principalement dans le bois dit des Queudres, et à la pointe du Theureau de la Roche.
Entre ce mamelon et le rempart se dresse le rocher de la Pierre-Salvée. L'analogie de ce rocher avec la Pierre de la Wivre permet d'y voir une tribune de justice.
Au sud de ce quartier jusqu'à la fontaine Saint-Pierre et même au-delà, les mouvements du terrain indiquent d'autres ruines où quelques sondages ont été pratiqués: on y a découvert entre autres une vaste écurie dont les cases--au nombre de quatre-vingts--formées par des poteaux carbonisés, à un mètre de distance les uns des autres, devaient servir non à des chevaux mais à des boeufs,--pour qui cet espace était suffisant. L'aire d'une grande cheminée demi-circulaire de 1m 70 de diamètre, composée d'un béton de tuileaux et de terre glaise dur comme la pierre, de 0m 80 d'épaisseur, a été trouvée derrière cette écurie.
La fontaine Saint-Pierre, située à quelques pas de là, se répand dans un espèce de massif bétonné, entouré de murs, et dans lequel on a trouvé un grand nombre de tuiles à rebords provenant--selon toute apparence--de la chute d'une toiture de lavoir.