Il est à remarquer que cette charte se trouve parmi celles ordonnant la reddition des ôtages donnés au roi Jean par les barons révoltés contre lui.
Rex, Wilielmo de Albrincis, salutem. Sciatis quod, si veneritis ad nos, nos remittimus vobis omnem iram et indignacionem quam erga vos concepimus usque in hodiernum diem, sive pro Eustachio Monacho qui applicuit apud Folkestañ, sive pro aliis. Et damus vobis salvum conductum nostrum in veniendo ad nos, morando et recedendo et omnibus illis qui vobiscum venient. Et in hujus rei testimonium, etc., vobis mittimus. Teste me ipso, apud Doveram .xviija. die septembris, anno regni nostri .xvijo. Per dominum Wintoniensem episcopum.—Patent Rolls, 17th of John, memb. 16, no 54.
Le Roi, à William de Albrinc, salut. Sachez que si vous venez à nous, nous vous pardonnons toute la colère et l'indignation que nous avons conçue contre vous jusqu'à présent, soit pour Eustache le Moine qui a débarqué à Folkestan, soit pour d'autres causes. Et nous vous donnons, à vous et à tous ceux qui viendront avec vous, notre sauf-conduit pour venir auprès de nous, y rester et vous retirer. En foi de quoi nous vous envoyons ces lettres-patentes. Témoin, moi-même, à Douvres, le 18 septembre, la 17e année de notre règne. Par le lord évêque de Winchester.
Nous terminerons en rapportant les passages suivants de la chronique du prieuré de Dunstaple, dont les deux premiers surtout sont trop importants pour ne pas trouver ici leur place:
«Et tunc, mense martio (1211), venerunt ad regem in Angliam, Henricus, frater imperatoris Otonis et comes de Hollande, et comes Boloniæ. Et rex Franciæ cepit omnes naves Angliæ, quæ applicuerunt in terra sua; et ideo rex Angliæ cepit multos de Quinque-Portubus. Et tunc Eustacius pirata, dictus Monachus, aufugit a nobis ad regem Franciæ cum quinque galeis, quia comes Boloniæ insidiabatur ei.»—Chronicon sive Annales prioratus de Dunstaple, una cum excerptis e chartulario ejusdem prioratus. Thomas Hearnius e codicibus Mss. in Bibliotheca Harleiana descripsit, primusque vulgavit. Oxonii e Theatro Sheldoniano, MDCCXXXIII, 2 part. in-8o, p. 58.
«Burgenses etiam de Quinque-Portubus navali exercitu homines, arma et victualia, quæ Lodowicum sequebantur, interceperunt: et sic factum est prælium non solum in terra sed etiam in mari. Nam Eustachius dictus Monachus, pyrata fortissimus, et Galfridus de Luchi (vel Luci) ex parte Lodowici insulas regis ceperunt, et multas seditiones ei moverunt.»—Ibid., p. 76.
«.... Cum, ad dictæ Blanchæ instantiam, multi nobiles et potentes de Francia venissent in succursum Lodowici; episcopus, et comes Salesbyriæ, et justiciarius, cum regis exercitu, apud Doroberniam eos navali bello ceperunt; et, inter infinitos, Eustachium Monacum occiderunt, qui utriusque partis prævaricator extiterat, solos nobiles vitæ reservantes.» (An. 1215.)—Ibid., p. 82.
«Et alors, au mois de mars, Henri, frère de l'empereur Othon et comte de Hollande, et le comte de Boulogne vinrent au roi (Jean) en Angleterre. Et le roi de France prit tous les navires anglois qui abordèrent dans sa terre et, pour cette raison, le roi d'Angleterre en prit un grand nombre des Cinq-Ports. Et alors Eustache, pirate surnommé le Moine, s'enfuit de nous au roi de France avec cinq navires, parce que le comte de Boulogne lui dressoit des embûches.»
«De leur côté, les bourgeois des Cinq-Ports, ayant rassemblé une flotte, interceptèrent les hommes, les armes et les vivres qui suivoient Louis: et ainsi il y eut combat sur terre et sur mer; car Eustache, dit le Moine, pirate intrépide, et Geoffroi de Luchi (ou Luci) s'emparèrent pour Louis, des îles du roi et excitèrent contre celui-ci beaucoup de séditions.»
«Plusieurs nobles et puissants seigneurs de France étant venus au secours de Louis, d'après les instances de Blanche susnommée; l'évêque et le comte de Salisbury et le justicier avec l'armée du roi les firent prisonniers dans un combat naval; et, ne laissant la vie qu'aux seuls nobles, ils mirent à mort, parmi une foule d'autres, Eustache le Moine qui avoit forfait contre l'un et l'autre parti.»