Un d'entre eux, le plus perverty,
Le frappa de façon cruelle
Et luy fit sortir la cervelle.

[133]: «Ce meurtre, dit M. Moreau, causa une très vive émotion dans Paris. La Justice dut en connoître, mais je ne sais pas quel arrêt fut rendu.» Nos recherches n'ont pas été plus heureuses. Il dut y avoir de longs débats, au milieu desquels, en ces temps de troubles de toutes sortes, la vérité et la justice eurent certainement peine à se faire jour. Loret, presque toujours si bien renseigné, et qui, en qualité de voisin assez proche, puisqu'il logeoit rue de l'Arbre-Sec, devoit avoir été édifié mieux que personne sur les détails du drame de la Tonnellerie, donne lui-même à penser qu'il y eut dans toute cette affaire beaucoup de contradiction et d'obscurité. Mais, dit-il,

... De ce noir evenement
On parle si diversement,
Que certes l'on ne sait que croire
D'une si malheureuse histoire.

[134]: M. Leber possédoit deux exemplaires de cette pièce, qui, selon lui, et son éloge n'est pas exagéré, «est une critique enjouée et fort piquante du barreau, des mœurs et de diverses personnes». (V. Catal. de sa biblioth., nos 4226, 5625.—V. aussi Catal. Monmerqué, no 1569.) Cette satire fit grand bruit dans le monde de la basoche. On y répondit et on l'imita. La pièce qui servit de réplique a pour titre: la Reponse aux Grands jours et plaidoyers de M. Muet, par quelques mal contents du Chastelet, 1622, in-8o. Quant aux imitations qui parurent dans l'année qui suivit, voici le titre de celles que nous avons pu retrouver: les Assizes tenues à Gentilly, par le Sr Balthazar, bailly de S.-Germain-des-Prez (Paris), 1623, in-8o;—les Estats tenus à la Grenouillère les 15, 16, 17, 18, du present mois de juin (Paris,) 1623, in-8o.—M. Veinant, qui a été dans ces recherches notre guide obligeant, pense qu'une autre pièce, les Actions du temps, 1622, pourroit aussi se rapporter à cette sorte de cycle moqueur et parodiste. Quelques petits livrets parus huit ou neuf ans auparavant semblent s'y rattacher aussi et en être les précédents. Ce sont: les Conférences d'Antitus, Panurge et Guéridon, S. L. N. D., in-8o;—les Grands jours d'Antitus, Panurge, Guéridon et autres, S. L. N. D., pet. in-8o;—Continuation des Grands jours interrompus d'Antitus, Panurge et Guéridon, S. L. N. D. (1614), in-8o.—La plupart de ces pièces se trouvoient chez le duc de la Vallière et chez Méon. V. Catal. de sa bibliothèque, no 3470.

[135]: Fameux cabaret dont il est parlé avec détail dans le curieux livre: Visions admirables du pèlerin du Parnasse, etc., Paris, 1635, in-12.

[136]: Les gens de justice, avocats et procureurs, passoient alors pour des piliers de taverne et de brelan:

Mais vous ne dites pas qu'ils sont fort desbauchez,
Et que tout leur estude est de jouer aux billes,
A la boule, à la paulme, aux cartes et aux quilles.

Puis les bons compagnons, comme le viel Lymière,
Le gros Grouart, Bricot, La Joue et La Rivière,
Dont le ventre à la suisse et le rouge museau
Temoignent qu'à leur vin ils ne mettent pas d'eau.

(La Responce à la misère des clercs de procureur, etc.,
par mad. Choiselet et consorts, ses disciples
,
Paris, 1638, in-8o, p. 8.)

[137]: Cette connivence des fripiers et des voleurs appelés Rougets ou Manteaux-rouges duroit, à ce qu'il paroît, depuis long-temps. Il est déjà parlé, dans une pièce de 1614, de ces effets volés, jetés par les détrousseurs de nuit dans les caves des fripiers, leurs receleurs: