(Les Folastries de la bonne chambrière à Janot, Parisien, recitées au bouc de Estienne Jodelle.)
[226]: Temps opposé au carême, où il étoit permis de manger de la chair.
[227]: Ces pique-niques comptoient parmi les plus chers amusements des servantes. Voici ce que dit, dans les Ruses et finesses decouvertes sur les chambrières de ce temps, Babeau aux yeux friands:
.......... J'ai du porc frais,
Une andouille et quatre saucisses,
Que malgré nos maistresses chiches
Mangerons. As-tu rien, Perrette?
V. aussi les Doux entretiens des bonnes compagnies, 1634, in-12, chanson 57.
[228]: Demi-ceinture ou boucle d'argent, joyau très recherché des chambrières: leur ambition ne va pas au delà. «Quand nous avions servy sept ou huict ans, dit l'une d'elles dans le Caquet de l'Accouchée, 1622, in-8, p. 9, et que nous avions amassé un demy-ceint d'argent et cent escus comptant, tant à servir qu'à ferrer la mule, nous trouvions un bon officier sergent en mariage ou un bon marchand mercier.» Peut-être ce demy-ceint étoit-il un supplément de gage qu'on donnoit aux servantes, comme plus tard une aune de toile et en sus le prix du vin. (La Maison réglée, Amsterdam, Marret, 1697, chap. 4, Appointements des domestiques.) Chez les maîtres pris de la colique housset, selon l'expression de Tallemant, c'est-à-dire coureurs de servantes, elles avoient bien d'autres menus profits.
[229]: Les servantes étoient les joueuses les plus assidues à la blanque de la foire St-Germain. On fit sur leurs pertes à cette loterie, leur adoration de tous les temps, la pièce qui a pour titre: Apologie des chambrières qui ont perdu leur mariage à la blanque. Voici les plaintes de l'une des perdantes:
..... Je me suis obligée
Pour cinq testons à ma maîtresse,
Qui me cause au cueur grand' detresse,
Pensant gaigner mon mariage
Comme toy; oultre mis en gaige
Ma bonne robbe et mon corset,
Et de chemises encor sept.
[230]: Petite chambrière. Ce mot se perdit à la fin du XVIIe siècle, après avoir été fort en usage au commencement.
[231]: Justice d'église dont le chef étoit l'official. Il statuoit sur les actions en promesses ou dissolutions de mariage, et aussi sur les affaires du genre de celle-ci. Les intérêts à donner aux parties étoient réglés par le juge royal.—D'après ce qu'on vient de lire, il étoit donc possible aux chambrières de tirer profit de leur faute! Le père devenoit responsable en cas de flagrant délit, ou bien seulement par suite d'un aveu de sa part, quand on l'avoit mené devant l'official. Il devoit même, comme on le voit, des intérêts à la mère. Cette jurisprudence procédoit, je crois, d'une ordonnance de Henri II. Voyant les avortements se multiplier d'une manière effrayante, il avoit décrété que toute femme cachant sa grossesse seroit punie de mort. Pour compléter et surtout pour atténuer l'édit, on avoit ensuite encouragé les femmes à l'aveu, par les dommages et intérêts dont il est parlé ici. Les chambrières durent être des premières à en prendre leur part, comme auparavant elles avoient été les premières, sinon les seules que la terrible ordonnance contre les grossesses clandestines avoit frappées. «Il me souvient, dit Henri Estienne, Apologie pour Hérodote, d'avoir vu pendre, à Paris, assez souvent des chambrières, pour ce crime, mais nulle d'autre qualité.»