[218]: Nous avons pensé d'abord qu'il s'agissoit ici du satin à fleurs que les damoiselles seules devoient porter, et dont plusieurs marchandes se paroient pourtant, au grand scandale des bourgeoises. «Si, lisons-nous dans la sixième partie des Caquets de l'accouchée, une marchande porte le satin à fleurs de velours cramoisy, faut-il en murmurer? etc.» Mais il est plus probable que ce mot florets doit s'entendre ici pour les touffes de fleurs et de verdure que la Mijolette s'étoit mises dans les cheveux. Ainsi s'explique le nom de royne des brandons que lui donnent plus loin les paysannes.

[219]: Encore un objet de la toilette modeste des bourgeoises; elles devoient s'en tenir au simple collet monté. S'il s'élevoit peu à peu jusqu'à devenir un collet à cinq étages, il encouroit le blâme des matrones.

[220]: L'auteur entend parler ici des paysannes, et il les désigne par leur coiffure, qui, surtout en Normandie et en Picardie, consistoit en un couvre-chef «morceau de toile empesée et tortillée dont elles entouroient leur tête.» Dict. de Trévoux.

[221]: Ce mot doit se prendre ici dans le sens qu'il avoit souvent alors, surtout à Lyon, où l'on n'appeloit pas autrement les rameaux verts du dimanche qui précède Pâques, et qu'on nommoit pour cela dimanche des brandons.

[222]: L'origine de cette locution remonte à une anecdote racontée par Suétone dans la Vie de Vespasien (cap. 23), et ainsi mise en françois par Moisant de Brieux: «Le muletier de Vespasien, sous pretexte que l'une des mules estoit deferrée, arresta long-temps la litière de l'empereur, et par là fit avoir audience à celuy auquel il l'avoit promise sous l'asseurance d'une somme d'argent, mais dont l'odeur vint frapper aussitost le nez de ce prince, qui l'avoit très fin pour le gain: en sorte, dit Suétone, qu'il voulut partager avec son muletier le profit qu'il avoit eu à ferrer la mule.» Origines de diverses coutumes et façons de parler, Caen, 1672, p. 101. Dans la traduction du Guzman d'Alpharache, par Chapelain, 1re part. liv. II, chap. 4, on trouve cette phrase: «Un serviteur malin, menteur et ferre-mule

[223]: Nous n'avons rien trouvé sur cette locution proverbiale, ni dans le livre de Moisant de Brieux, ni dans celui de Fleury de Bellingen, ni dans les Matinées senonoises de l'abbé Tuet, ni dans les Dictionnaires des proverbes de La Mésengère et de M. Quitard, pas même dans la Fleur des proverbes et l'Encyclopédie des proverbes de M. G. Duplessis; et nous avouons franchement n'avoir pu, avec nos seules lumières, en découvrir l'origine. La variante qui se trouve ici, et qui nous prouve qu'au XVIIe siècle on ne disoit pas, comme aujourd'hui, faire danser l'anse du panier, mais bien la faire courir, la faire cheminer, n'étoit pas de nature à nous rendre cette étymologie plus facile.

[224]: Les facéties du temps faites à propos des chambrières reviennent toujours sur ces accointances des maîtres avec leurs servantes. Lisez, par exemple, le Banquet des chambrières fait aux estuves le jeudi gras:

Un jour Monsieur descendoit à la cave
Avecque moy, qui suis sa chambrière,
Lequel, marchant dessus ma robe brave,
Sur les degrez me fit choir en arrière, etc.

[225]: Tout étoit bon pour les chambrières:

Autant le beau comme le laid,
Et le maistre que le valet,
Étoient reçus de la Doucette.