FIN.
Les singeries des femmes de ce temps descouvertes, et particulièrement d'aucunes bourgeoises de Paris[35].
M. DC. XXIII. In-8o.
Dernierement je me rencontray en un lieu où je vis plusieurs gentils-hommes et damoiselles qui discouroient sur diverses choses; enfin, chacun faisant à qui mieux paroistre quelque beau traict d'esprit, nous tombasmes sur les singularitez, tant du corps que de l'esprit, qui se rencontroient ordinairement aux dames, singularitez ausquelles les jeunes gens, de quelque profession qu'ils fussent, sembloient avoir beaucoup d'obligation, comme leur servant de première leçon pour se façonner.
Ces parolles diversement promenées de bouche en bouche, à l'advantage des femmes, et assez bien recueillies de la compagnie, se rencontra un homme de la trouppe, lequel, par manière de rire, soit ou quil eut conçeu quelque inimitié contre les femmes, ou autrement, voulut contrepointer de point en point ceste opinion et renverser ceste proposition.
Vous qualifiez du nom de singularité des choses que je nomme singeries des femmes, dit-il, car si vous ostez de ce sexe les singeries et les folies dont elles sont remplies, vous destruirez toute leur essence, et ce qu'elles ont de singulier en elles.
A ce mot, chacun commença à murmurer; un bruit sourd s'espandit dans la chambre, et les femmes qui assistoient à ceste assemblée se promirent bien de le faire desdire de la parole qu'il advançoit.
Mais le gentil homme, d'un visage hardy: Non, non (poursuit-il), ne vous estonnez aucunement de ceste mienne première demarche; mais suspendez un peu votre jugement: j'espère faire en sorte de vous rendre contens en ce que je vous ay proposé.