[220]: Ces étangs s'appeloient ainsi d'une famille qui avoit aussi donné son nom à une rue de Paris, dans le Marais. (L'abbé Le Beuf, id., p. 451.)
[221]: Ils étoient à la hauteur du Jardin des Plantes actuel. Ils existoient dès le temps de saint Bernard, désignés sous le nom de moulins de Cupels. (Mémoires de l'Acad. des Inscript., t. 14, pag. 270.) L'inondation de 1579 les avoit détruits. (V. Archives curieuses, 1re série, IX, pag. 309).—Le nom de la rue Copeau est encore un souvenir de ces moulins.
[222]: Il en étoit encore ainsi en 1702. Il est dit dans une ordonnance de police rendue le 20 octobre a cet effet: «La rivière de Seyne, du costé des quays S.-Bernard et de la Tournelle, jusques et au dessus du pont de l'Hôtel-Dieu, estoit extrêmement grasse et bourbeuse, mesme d'un goût puant et infecté, ce qui empeschoit d'y puiser comme à l'ordinaire; laquelle infection provient de ce que les tanneurs et mégissiers demeurant dans le faubourg S.-Marcel et aux environs lavent dans la rivière de Seine et dans celle des Gobelins leurs bourres et leurs cuirs pleins de chaux, y jettent leurs escharnures, plains et morplains, et tous les immondices de leur mestier.»
[223]: Cette propriété si long-temps proverbiale des eaux de la Bièvre est niée par M. Lacordaire, directeur actuel des Gobelins (Notice sur l'origine et les travaux des manufactures de tapisseries et de tapis réunies aux Gobelins, 1852, gr. in-18, p. 56). Tout ce qu'on en a dit repose, écrit-il, sur une «erreur que la seule inspection du cours de ces eaux bourbeuses suffit pour dissiper.» M. Lacordaire ajoute que l'eau de Seine et celle d'un puits sont exclusivement employées dans les ateliers de teinture.
[224]: Depuis long-temps les tanneurs et mégissiers s'étoient établis sur les bords de la Bièvre. Nous trouvons des détails sur les suites de leur établissement, dans le récit du procès qu'ils firent, en 1789, au sieur de Fer, qui prétendoit détourner le cours de la rivière pour l'amener, ainsi que l'Ivette, au sommet du faubourg Saint-Jacques (Bachaum. Mém. secr. t. 34, p. 232). Pour combattre ce projet, qui tendoit à leur enlever leur cours d'eau, les mégissiers s'appuyoient sur la longue durée de leur établissement et sur les lettres royales qui leur en avoient octroyé la permission et même imposé l'obligation. Richer, qui, dans les Causes célèbres (t. 177, p. 123), a rédigé l'exposé de cette cause, s'explique ainsi pour ce qui regarde le droit menacé des tanneurs: «Ils étoient jadis, dit-il, au centre de Paris, où ils habitoient les rues de la Tannerie et plusieurs autres; mais, dès 1577, le gouvernement, qui s'occupoit déjà plus spécialement de la propreté et de l'embellissement de cette capitale, avoit résolu de les éloigner, et un arrêt du Conseil du 24 février 1673, revêtu de lettres-patentes qui furent enregistrées au Parlement le 28 novembre suivant, les transféra définitivement au faubourg S.-Marceau, en leur conservant tous les droits et priviléges des bourgeois de Paris et affectant à leur usage particulier la rivière des Gobelins, pour la conservation des eaux de laquelle le roi, entre autres choses, par son arrêt de règlement du 26 février 1732, a accordé auxdits syndics et intéressés la permission d'avoir deux gardes à ses armes et bandouillières, pour constater les delits et contraventions qui pourroient être commis sur ladite rivière, pour l'entretien de laquelle ils dépensent annuellement plus de 6,000 livres.»
[225]: Il étoit neveu du fameux ingénieur J. Errard, dont l'excellent ouvrage De la fortification demonstrée et réduite en art lui doit sa seconde édition, in-fol., 1620.
[226]: C'étoient les descendants de ce Gilles Gobelin qui, sous François Ier, avoit établi là ses premières teintures d'écarlate. Rabelais en parle (liv. 2, chap. 22) quand il dit de la rivière de Bièvre: «Et c'est celuy ruisseau qui de present passe à S.-Victor, auquel Guobelin teinct l'escarlatte.» Au temps de Ronsard, la réputation de cette race de teinturiers n'avoit fait que s'accroître. Le poète, s'adressant à Gaspar d'Auvergne, parle (liv. 2, ode 21)
D'une laine qui dement
Sa teinture naturelle,
Es poisles du Gobelin,
S'yvrant d'un rouge venin
Pour se desguiser plus belle.
Selon M. Lacordaire (loc. cit., p. 18, note 2), la famille Gobelin étoit originaire de Reims; mais, d'après un manuscrit de la Bibliothèque de La Haye, cité par M. Achille Jubinal (Lettre à M. le comte de Salvandy sur quelques manuscrits de la Bibliothèque royale de La Haye, 1846, in-8, p. 113 et 114), il paroîtroit qu'elle étoit venue de Flandres. Il y est dit que la rivière des Gobelins «se nomme ainsi de ces fameux teinturiers flamands qui se nommoient Gobeelen, et, par corruption de langue, on en a fait Gobelins. Ils y ont establi une fabrique de tapisserie qui, pour la finesse, la bonne teinture et le beau meslange des couleurs, des soyes et des laines, surpasse celles de Flandres et d'Angleterre; mais aussy sont-elles de beaucoup plus chères. Ceux qui y travaillent sont encore, pour la plupart, d'Anvers, de Bruges ou d'Oudenarde.»
[227]: Femmes qui avoient permission de tenir une sorte de bureau d'adresse où les servantes et nourrices venoient se recommander et chercher condition. Par déclaration du roi enregistrée le 14 février 1715, le lieutenant de police devoit connoître de ce qui les concernoit.—Le mot de recommanderesse est l'un de ceux qui sont soumis à l'approbation des Grands jours de l'éloquence françoise, d'après le Rôle des presentations, etc., pièce publiée dans notre tome 1er (p. 137), et que nous avons appris depuis avoir été attribuée par Pellisson (Hist. de l'Acad. franç., t. 1er, p. 67) à Sorel, qui, de son côté, s'en défendit fort dans son Discours sur l'Académie françoise (1654, in-12).