Grand maistre Alliboron, ennemi de tristesse.
«Quoiqu'il fût roussâtre, dit Robinet, il étoit bel homme, bien fait, et avoit bonne mine. Il étoit adroit, fin, dissimulé et agréable dans la conversation.» C'est ce qui mit à la mode ce genre de plaisanteries équivoquées dont Boileau a gémi, dont s'est moqué Molière. Sorel, avant eux, avoit ainsi parlé de ce genre d'esprit à propos d'un livre bourré de turlupinades: «Il n'y avoit rien là dedans à apprendre que des pointes qui avoient beaucoup d'air de celles de Turlupin, lesquelles estoient mêlées hors de propos parmy les choses sérieuses.» Histoire comique de Francion, Paris, 1663, in-8, p. 584.
[254]: V. sur ce fou, qui couroit alors les rues de Paris, une longue note de notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 266. Nous ajouterons ici que Regnier le nomme au 72e vers de la 6e satire; que Bruscambille, dans ses Paradoxes (Paris 1622, p. 45), l'appelle maistre Pierre Dupuy, archifol en robe longue, et que, selon Desmarais, il couroit les rues, portant un vieux chapeau à son pié en guise de soulier (Défense du poème épique, p. 73).
[255]: Il étoit placé entre le Pont-au-Change et le Pont-Neuf. Du côté de la Vallée de Misère (quai de la Mégisserie), dont il est parlé plus loin, il débouchoit près l'Arche-Marion, en face le For-l'Evêque. Avant qu'il eût été détruit, en 1596, par une inondation, on l'appeloit le Pont-aux-Colombes ou à Coulons, ou bien le Pont-aux-Meuniers, à cause des moulins accrochés sous ses arches. G. Marchand, qui acheva de le reconstruire en 1606, lui donna son nom; mais le peuple l'appela de préférence Pont-aux-Oiseaux, soit, à cause des oiseliers et poulaillers, très nombreux sur le quai voisin, soit plutôt parceque chaque maison avoit pour enseigne un oiseau peint sur un cartouche.
[256]: La bouche, équivoque sur le vieux mot engouler.
[257]: Mot du vieux gof parisien qui servoit à désigner les gens assez riches pour pouvoir dépenser mille sols par jour, c'est-à-dire par an 18,250 livres. Quant à Orléans, je ne sais pourquoi l'on parle plutôt de ses mille-soudiers que de ceux de toute autre ville. Il faut peut-être voir ici une ironie, une antiphrase, eu égard à la réputation toute contraire qu'au XVe et au XVIe siècle, le bonhomme Peto d'Orléans, patron des mendiants et des gueux, avoit faite à sa ville.—V. Eutrapel, chap. 10, Des bons larrecins, et une note de Le Duchat sur Rabelais, liv. 3, ch. 6.
[258]: Terme du jeu de paume.
[259]: Ecrivain grec dont, au commencement de ce siècle, Rigault avoit traduit en latin, et Vigenère en françois, le Traité du devoir et des vertus d'un général d'armée. On connoît une mazarinade intitulée Onosandre ou le mangeur d'asne.
[260]: V., sur ce mot et sur ce qu'il signiftoit, une note d'une pièce précédente, p. ..
[261]: Les carrosses durent être, en effet, compris alors dans les édits somptuaires qu'on préparoit de nouveau pour compléter ceux de 1601 et 1606. L'un des vœux des gens du peuple avoit été que les Etats de 1614 statuassent quelque bonne défense à ce sujet. Une pièce du temps, Discours véritable de deux artisans de Paris, mareschaux de leur estat, 1615, in-8, p. 11, déclare nettement, comme conclusion, «que les carrosses seront deffendus, sinon à ceux qui auront qualité requise, comme princes, seigneurs, barons, présidents, conseillers et messieurs du conseil, et les chefs des finances, comme superintendant, intendant, messieurs les trésoriers de l'espargne ordinaire et extraordinaire. Cela est de trop grand entretien, et cause que l'on reçoit trop d'incommodité dedans Paris; et aussi, pour entretenir le train de carrosse, il faut trop dérober le peuple.»