[333]: Les Aventures de Rosiléon, pastorale en cinq actes, en vers, imitée de l'Astrée, fut représentée en 1629. Elle n'est pas de Du Ryer, comme on le dit ici, mais de Pichou, le même dont on a deux tragi-comédies, les Folies de Cardénio (1633) et l'infidèle confidente (1631), et la Filis de Scire, comédie pastorale en cinq actes, traduite de l'italien du comte Bonarelli (1631). En tête de cette dernière pièce se lit une préface d'un ami de l'auteur, Isnard, médecin à Grenoble. On y trouve de grands éloges sur la pièce dont il est parlé ici, ainsi que sur l'auteur, qui mourut assassiné, à l'âge de trente-cinq ans. Selon de Mouhy (Tablettes dramatiques, p. 205), ces éloges d'Isnard dans sa préface de la Filis prouveroient que le Rosiléon fut imprimé, puisqu'il méritoit tant de l'être. Il ne semble pas, toutefois, qu'on en ait jamais vu un exemplaire.

[334]: Cléonice, ou l'Amour téméraire, tragi-comédie pastorale en cinq actes, en vers, Paris, Nicolas Rousset, 1631, in-8. La pièce ne porte pas de nom d'auteur, mais la dédicace au roi est signée P. B.—De Mouhy soupçonna que la première de ces lettres pourrait bien être l'initiale du nom de Passart, auquel Beauchamps attribuoit une pièce du même titre dans sa table des Recherches. Il avoit raison; du moins, ce qui le donneroit à penser, c'est que sur le titre de l'exemplaire possédé par M. de Soleinne se lisoit en écriture du temps: par M. Passart. (De Mouhy, Abrégé de l'histoire du théâtre françois, in-8, p. 96; Catal. de la biblioth. de M. de Soleinne, no 1051.) Passart tenoit beaucoup à n'être pas connu. Ce qu'on lit ici prouve que ses contemporains n'avoient pas percé l'anonyme dont il se couvroit. Nous ne connoissons pas sa Dorise ou Doriste annoncée ici; mais il se pourroit que l'auteur se trompât pour cette pièce, comme il l'a fait pour Rosiléon, et qu'il voulût parler de la Doristée de Rotrou, qui date en effet de cette époque. La première édition, qui est de 1634, a pour titre Cléagenor et Doristée; en tête de la seconde, donnée l'année suivante, on lit seulement Doristée, tragi-comédie.

[335]: L'Hercule mourant, tragédie en cinq actes, de Rotrou, ne fut imprimé qu'en 1636. Ce qui est dit ici prouveroit que la représentation précéda de deux ans la publication.

[336]: Le lotos, plante d'Egypte, qui avoit la vertu de faire perdre la mémoire à ceux qui en mangeoient. On se rappelle la description du pays des Lotophages (mangeurs de lotos) dans l'Odyssée (liv. 9).

[337]: Plusieurs pièces parurent, en effet, sous le nom de ce farceur. Nous ne connoissons pas celles qu'on cite ici, mais nous pouvons mentionner en revanche: les Railleries de Gros-Guillaume sur les affaires de ce temps, 1623, in-8; les Bignets de Gros-Guillaume envoyés à Turlupin et à Gautier-Garguille pour leur mardy-gras, par le sieur Tripotin, gentilhomme fariné de l'hôtel de Bourgogne, etc. Mais, pour beaucoup de pièces, on dut le confondre avec maître Guillaume, sous le nom duquel il en parut alors une si grande quantité. Celui-ci vendoit lui-même ses bouffonneries imprimées sur le Pont-Neuf. (L'Estoille, édit. Michaud, t. 2, p. 405.) On peut voir sur lui une note de notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 263.

[338]: Ce prédécesseur étoit Gautier-Garguille, mort en décembre 1633. Bertrand Haudrin, dit Saint-Jacques, et qui se donna au théâtre le nom de Guillot Gorju, avoit été admis, l'année suivante, à prendre sa place sur la scène de l'hôtel de Bourgogne. Il y jouoit les médecins et les apothicaires burlesques. Sa première profession l'avoit au mieux stylé à ces rôles. Il avoit été médecin, et même, selon Gui Patin, doyen de la Faculté de médecine, où il ne s'étoit pas fait faute de dérober. (Lettre 222e à Spon, t. 2, p. 173.)

[339]: Allusion probable à la pièce qui a pour titre: le Testament du Gros-Guillaume, et sa rencontre avec Gautier-Garguille en l'autre monde, Paris, 1634, in-8; ou bien encore à celle-ci: Conversation de maître Guillaume avec le prince de Conty aux Champs-Elysées, Paris, 1631, in-8.

[340]: Cause plaisante que les clercs de la basoche plaidoient publiquement le jour du mardi gras, sur un fait inventé et presque toujours choisi parmi les plus grivois et même les plus orduriers. C'est ce qui fit supprimer cet usage burlesque dans les premières années du XVIIIe siècle. Mais on continua d'appeler causes grasses, au Palais, toutes celles qui avoient un côté plaisant.

[341]: Personnage de la comédie italienne, dont le nom, dérivé du Sannio romain, s'est francisé sur la scène de Molière en celui de Zannarelle ou Sganarelle.

[342]: Ces duels entre femmes ne furent pas rares alors. Les prouesses de l'amazone Mme de Blamont, et de cette autre dont on raconta les hauts faits dans l'Héroïne, inspiroient ces dames et les rendoient belliqueuses. On sait par Tallemant l'histoire de la Beaupré et de son combat: «Sur le théâtre, elle et une jeune comédienne se dirent leurs vérités. «Eh bien! dit la Beaupré, je vois bien, Mademoiselle, que vous voulez me voir l'épée à la main.» Et, en disant cela, c'étoit à la farce, elle va querir deux épées point épointées. La fille en prit une, croyant badiner. La Beaupré, en colère, la blessa au cou, et l'eût tuée si l'on n'y eût couru.» (Historiettes, édit. in-12, t. 10, p. 49.) Les duels de Mlle Maupin, non pas avec des femmes (elle les aimoit trop pour cela), mais avec de véritables champions, sont encore plus fameux. Enfin Mme Dunoyer, dans ses Mémoires (t. 2, p. 75-79), nous a raconté toutes les particularités d'un combat entre deux dames qui fit grand bruit de son temps dans le Languedoc. Elles s'étoient assez gravement blessées. La question de savoir s'il falloit prendre des mesures contre elles fut agitée. M. de Basville, intendant de la province, en écrivit même à la cour. De tout cela il résulte qu'il n'y a rien d'invraisemblable dans l'aventure racontée ici, et que Dancourt faisoit, pour ainsi dire, une scène de circonstance, quand, au dernier acte de son Chevalier à la mode, il nous montroit la furieuse baronne, l'épée en main, défiant Mme Patin, sa rivale.