[452]: Ce mot, qui correspond, et, comme dit Henri Estienne (Traicté de la conformité du langage françois avec le grec, Paris, 1569, p. 46), qui «a convenance avec le latin domina», n'étoit pas d'un usage très ancien dans le langage des amoureux. Brantôme, en faisant remarquer que «ce mot de maistresse ne s'usoit» du temps du petit Jean de Saintré, semble indiquer, ce qui est probable, qu'il datoit de son temps à lui. (Dames galantes, disc. 4.)—Il est employé ici dans le vrai sens qu'il dut d'abord avoir.

[453]: Ce vieux mot, dont la perte est très regrettable, se trouve dans Montaigne (Essais, liv. 1, ch. 29). Desportes l'a employé dans les stances citées plus haut, ainsi que Ronsard dans son 49e sonnet:

Ni ses beautés, en mille cœurs écrites
N'ont esclavé ma libre affection.

[454]: C'est-à-dire bon accueil, bon visage. Chère, qui vient de l'italien chiera (mine), ne s'employoit pas alors dans un autre sens.

[455]: Il s'agit ici de quelque sentence burlesque du genre de celle-ci: Arrest notable donné au profit des femmes contre l'impuissance des maris.... Paris, 1626, in-8o; ou bien même d'une sentence sérieuse, comme celle qui fut rendue le 8 février 1659 dans le procès si fameux de Mme de Langey contre son mari. V. Tallemant, édit. in-12, t. 10, p. 201.

[456]: C'est-à-dire quai de l'École de Saint-Germain-l'Auxerrois.

[457]: Cette pièce est curieuse et rare, selon M. Moreau. (Bibliographie des Mazarinades, t. 2, p. 364, no 2819.)

[458]: Revendeuse des halles qu'on produisoit «comme une femme mystérieuse, parcequ'elle étoit la plus insolente et la plus hardie de son quartier.» (Advis desinteressé sur la conduite de M. le coadjuteur... (6 juillet 1651,) ad finem.) Dans une mazarinade portant la même date: Lettre d'un marguillier de Paris à son curé sur la conduite de monseigneur le coadjuteur, dame Anne et un nommé Pesche, son compère en rébellion, sont représentés comme étant «des enfans de chœur elevez par monseigneur le coadjuteur..., l'un et l'autre chantant les leçons du bréviaire qu'il leur avoit enseignées.» Les leçons de ce bréviaire, selon Mme de Motteville, étoient des «chansons infâmes contre le respect qui étoit dû à la reine.» Dame Anne, cette coureuse qui les chantoit, fut arrêtée. «Je le dis à la reine, continue Mme de Motteville, à la prière de Mme de Brienne, qui ne voulut pas lui en parler, par quelque motif que je ne pus savoir. Cette princesse ne me répondit rien, et je ne lui en parlai plus. Quelques jours après, la même Mme de Brienne me dit qu'elle avoit été voir cette dame Anne et qu'elle ne l'avoit plus trouvée dans sa prison, qu'elle étoit alors dans une chambre voisine, bien servie, bien couchée et bien nourrie, et qu'on ne savoit pas d'où pouvoit procéder cette merveille. Nous sûmes alors que la reine seule avoit fait cette belle action, et, quand nous lui en parlâmes, elle ne voulut pas nous écouter. Et l'histoire finit ainsi.» (Mémoires de Mme de Motteville, coll. Michaud, 2e série, X, 422.)

[459]: Cette vive algarade faite à M. de Brancas eut lieu, en effet, sur le Pont-Neuf, dans la semaine de Pâques 1652, au moment où tout ce qu'il y avoit de noblesse dans Paris se rendoit au devant de M. le Prince, qui revenoit après sa victoire de Bleneau. Brancas ne fut pas le seul maltraité: la duchesse de Châtillon, Fontrailles, le marquis de Mouy, le commandeur de Saint-Simon, le prince de Tarente, le commandeur de Mercé, Mme de Bonnelle, la fille de Bullion, furent aussi insultés. Mme d'Ornano, comme on va le voir avec plus de détail, fut injuriée et volée. C'étoit un coup de main dont l'auteur de l'Avis important et necessaire donné aux Parisiens, qui entre à ce sujet dans quelques détails, accuse tout ensemble Mazarin et le coadjuteur.

[460]: Catherine Henriette, fille légitimée de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, et femme du duc d'Elbœuf, étoit en Angleterre depuis que ses intrigues contre Richelieu l'avoient fait exiler de la cour.