[292]: Il avoit fait en Hongrie une campagne dont les succès, entre autres la prise d'Albe-Royale, avoient fort inquiété les Turcs. V. notre t. 3, p. 212, note, et les Œconomies royales de Sully, coll. Petitot, 2e série, t. 4, p. 93.

[293]: Il étoit de la campagne de Hongrie. Il fut blessé au siége de Bude. (Œconomies royales, id., p. 161.)

[294]: Le prince de Joinville, quatrième fils du duc de Guise. V. sur lui notre édition des Caquets de l'Accouchée.

[295]: De petits témoins, sans doute, testiculi.

[296]: Ce mot de la langue dévote, qui signifie reproche secret, remords de conscience, est ici singulièrement placé. Regnier, satire 13, v. 22, s'en est servi; Regnard aussi, dans le Joueur, acte 5, scène 4, mais tous deux de manière à faire voir qu'ils en comprenaient le sens.

[297]: Pour targe, égide, bouclier.

[298]: Jocrisse et ses attributions datent de loin, comme on voit. Chez les Romains, le type de niaiserie auquel il a succédé et qu'il remplace chez nous avoit pour fonction un peu plus noble celle de traire les poules. Si, lisons-nous dans le Satyricon, lac gallinaceum quæsierit, inveniet. Pour le nom de Jocrisse, nous n'accepterons pas la mauvaise étymologie donnée par le Ducatiana, t. 2, p. 509; nous admettrons plutôt, avec le Monde primitif de Court de Gébelin, qui certes n'étoit guère attendu en cette affaire, que ce mot est un diminutif de l'italien zugo; ou bien nous y retrouverons encore volontiers une altération transparente du Joquesus du moyen âge, dont Coquillart a parlé dans son Monologue des perruques. Ce qui est plus certain, c'est que, dès le commencement du XVIIe siècle, Jocrisse étoit populaire comme type du valet niais, du garçon de ferme stupide. Il figure comme tel dans le Ballet des Quolibets, dansé au Louvre et à la maison de ville par Monseigneur, frère du roy, le quatriesme janvier 1627, composé par le sieur de Sigongnes, Paris, Augustin Courbé et Anthoine de Sommaville, 1627, in-8. «C'est, est-il dit dans une note du Catalogue Soleinne sur ce ballet, t. 3, p. 91, no 3265, la première apparition de ce type de naïveté.» Ce qui n'est pas tout à fait vrai: deux ans auparavant, Jocrisse avoit déjà paru, et dans une occasion pareille. Il est un des personnages dansants et chantants du Ballet des Fées des forêts de Saint-Germain, que le roi dansa le 11 février 1625. Voici ce que l'auteur lui fait dire:

Partout on m'appelle Jocrisse
Qui mène les poules pisser.
Chères beautés, faites cesser
Ce surnom rempli d'injustice;
Que chacune de vous dessus moi se repose:
Je lui ferai faire autre chose.

Molière a nommé deux fois Jocrisse: dans Sganarelle, sc. 16, et dans les Femmes savantes, act. 5, sc. 4. Richer, au liv. 4 de son Ovide bouffon, l'a mis, comme dans sa place naturelle, parmi les porchers, vachers et bergers, et Furetière, parlant à un maître sot dans son Epître à Cliton, lui dit:

Apprens-moi.....
Si tu meines pisser les poules.