(Poésies diverses, 1666, in-12, p. 189.)

[299]: On dirait que Béranger a pris à tâche de contredire ce vers, dans son fameux refrain:

Oui, coquettes, j'en réponds,
Bien heureux sont les chapons.

[300]: C'est à tort que l'auteur de la Bibliothèque du théâtre françois, Dresde, 1768, t. 3, p. 59, a dit que cette pièce étoit de Somaize. Il la confondoit sans doute avec les Précieuses ridicules, que cet auteur avoit mises en vers et qui avoient paru chez Jean Ribou cette même année 1660. Le Récit de la farce des prétieuses est de madame de Villedieu (mademoiselle Desjardins). C'est, selon Tallemant, dans l'historiette qu'il lui consacre, édit. in-12, t. 9, p. 223, «une des premières choses qu'on ait vues d'elle, au moins des choses imprimées.»—«Il en courut des copies, ajoute-t-il; cela fut imprimé avec bien des fautes, et elle fut obligée de le donner au libraire afin qu'on le vît au moins correct.»

L'Extrait assez long d'une de ces copies se trouve dans le manuscrit de Conrart, à la Bibliothèque de l'Arsenal, no 902, in-fol. t. 9, p. 1017. Mademoiselle Desjardins y est donnée comme étant l'auteur, et madame de Morangis comme étant la dame à qui la pièce est adressée, ce qui confirme le dire de Tallemant. M. Clogenson, dans sa notice, complète et exacte, de madame de Villedieu (Athenæum, 2 Juillet 1853, p. 632), dit que «cette sorte de scène dialoguée en prose et en vers fut écrite au château de Dampierre, chez madame de Chevreuse, à la demande de madame de Morangis.» Peut-être se trompe-t-il en confondant ce récit et le gaillard sonnet, comme dit Tallemant, qui courut à la suite, sous la même dédicace, et qui fut en effet écrit à Dampierre aux insinuations de madame de Chevreuse et de mademoiselle de Montbazon. (Tallemant, id. p. 224.) M. Clogenson ne connoissoit que l'extrait donné par Conrart; les deux éditions de cette pièce lui avoient échappé, ainsi qu'à M. de Soleinne, et même à M. Monmerqué, qui, annotant dans sa seconde édition du Tallemant l'historiette de madame de Villedieu, ne put citer que le fragment manuscrit. «L'imprimé, disoit-il à la fin de sa note, ne peut manquer de se retrouver; la recherche n'en sera pas inutile.» Nous avons eu, et doublement même, le bonheur tant désiré par tous ces savants amis de Molière et de mademoiselle des Jardins: non seulement nous avons eu entre les mains l'édition reproduite ici, mais encore nous avons pu consulter la première, celle dont celle-ci n'est que la contrefaçon exacte. En voici le titre: Le récit en prose et en vers de la farce des Précieuses, Paris, Claude Barbin, 1660, in-12 de 33 pages. Nous la trouvâmes indiquée sous le no 274 du Catalogue des livres de feu M. F. M. M. (22 octobre 1849), à la suite du Recueil de poésies de mademoiselle Desjardins, Paris, 1664, in-12, et nous eûmes le bonheur de faire acheter ce précieux volume par la Bibliothèque alors nationale. L'édition d'Anvers, que nous n'avons vue que bien plus tard, est citée par M. Walckenaer dans ses Mémoires sur madame de Sévigné, t. 2, p. 294. Il est évident, par la courte citation qu'il en fait, qu'il la connoissoit autrement que par le titre.

[301]: Il est singulier que Molière, dans sa préface des Précieuses ridicules, tienne à peu près le même langage, et prétende aussi avoir été imprimé malgré lui. Le libraire Guillaume de Luynes, dont madame de Villedieu veut avoir l'air de se plaindre ici, et chez lequel les Précieuses avoient paru vers le même temps, en février 1660, auroit donc ainsi fait violence à deux auteurs à la fois. C'est bien difficile à croire. Molière, dont c'étoit la première pièce imprimée (V. sa préface), et qui devoit avoir les craintes dont en pareil cas sont assaillis les auteurs, prit sans doute ce faux-fuyant de défiance et de modestie pour désarmer d'avance les lecteurs qui pouvoient défaire l'immense succès que les spectateurs avoient fait à sa comédie. Afin qu'on ajoutât foi à la sincérité de ce qu'il disoit, tandis qu'en réalité il ne demandoit qu'à répandre sa pièce de toutes les manières, peut-être s'entendit-il avec mademoiselle Desjardins pour qu'elle aussi se prétendît violentée par l'avide imprimeur au sujet de cette sorte de programme des Précieuses, écrit, selon moi, non pas sur le rapport d'autrui, comme elle le dit, et ce dont Tallemant doutoit déjà, mais d'après la représentation même, et sans doute aussi sur un désir de Molière. Ils se connoissoient de longue date: ils s'étoient vus à Avignon, à Narbonne, comme on l'apprend par un passage de Tallemant (id., p. 238); ils avoient eu les mêmes amis, les mêmes protecteurs, M. le duc de Guise et M. le comte de Modène, ainsi qu'on le voit par plus d'un passage du roman autobiographique de madame de Villedieu: Mémoires de la vie de Henriette-Sylvie de Molière, Toulouse, 1701, in-12, p. 32, 39, 48, 86. Molière, quand elle étoit à Paris, la venoit voir à son hôtel garni: c'est encore Tallemant qui nous le dit. Enfin il y avoit entre eux une sorte de vieille intimité qui donne toute vraisemblance à cette opinion, que le récit de la Farce des Précieuses ne fut pas écrit à l'insu de l'auteur des Précieuses et loin de son théâtre, mais bien au contraire d'après son inspiration même, et pour lui rendre le service que tout programme bien fait rend toujours à l'auteur d'une pièce. Le fait de la publication des deux brochures dans le même temps à peu près, chez les mêmes libraires, de Luynes et Barbin, n'est pas non plus indifférent comme confirmation de ce que nous avançons. De Luynes étoit l'éditeur privilégié, Barbin le vendeur.—Il ne semble pas que madame de Villedieu ait eu cette complaisance pour d'autres pièces de Molière, mais toutefois elle ne laissa jamais échapper l'occasion de parler de lui et de sa comédie. Ainsi, dans son roman déjà cité, elle donne plus d'un souvenir flatteur aux Fâcheux, à la Princesse d'Elide, etc., etc., p. 70-76. V. aussi son Recueil de poésies, p. 98.

[302]: Mademoiselle Desjardins étoit née en 1632, et non pas en 1640, comme l'ont dit tant de biographes; elle avoit donc 28 ans, et n'étoit point, par conséquent, d'un âge aussi respectable qu'elle voudroit le faire croire.

[303]: A la suite de ces mots on lit, dans le fragment conservé par Conrart: «loyal comme un Amadis.»

[304]: Var. du manuscrit de Conrart:

Qui d'un air d'orateur Breton....