[48]: Cette burlesque étymologie rappelle celle que Balzac, peu plaisant d'ordinaire, inventa un jour, selon le Menagiana. Il disoit que les cordonniers s'appellent ainsi parcequ'ils donnent des cors!

[49]: Jean Guillaume étoit le bourreau de Paris. Il avoit succédé à Jean Rozeau (V. notre t. 4, p. 251), qui avoit été pendu sous Henri IV pour avoir, pendant la Ligue, étranglé le président Brisson, lui avoir pris son manteau de peluche et l'avoir vendu dix écus. V. L'Estoille, édit. Michaud, t. 2, p. 75. etc.

[50]: Ce mot italien, qui venoit lui-même du latin carpus ou de son diminutif carpisculus, qui désignoit une sorte de soulier découpé, a eu pour dérivé, dans notre langue, son équivalent escarpin.

[51]: C'est-à-dire faire un compliment, un éloge, dans le genre de ceux qu'on adressoit aux jeunes mariés, ou bien aux nouveau-venus dans les colléges.

[52]: J'élève, du latin extollere.

[53]: Jacques de Fonteny n'est guère connu, et, comme on va le voir, il mériteroit de l'être à plusieurs titres. Il faisoit partie de la Confrérie de la passion, non pas sans doute comme acteur, puisque, d'après l'Estoille, il étoit boiteux, mais comme poète certainement. Il prend la qualité de confrère de la passion dans le recueil de Pastorelles publié en 1615 par J. Corrozet, in-12, sous le titre de le Bocage d'Amour. Il s'y trouve deux pastorelles en vers, l'une le Beau pasteur, qui étoit bien de notre Fonteny, puisqu'il l'avoit déjà donnée dans la Première partie de ses ébats poétiques, Paris, Guill. Linocier, 1587, in-12; l'autre la Chaste bergère, qui, bien que publiée aussi sous le nom de Fonteny, appartenoit réellement à son camarade S. G. de la Roque, puisque celui-ci l'avoit déjà fait paroître séparément sous son nom, en 1599, à Rouen, chez Raph. du Petit-Val. Il est vrai que La Roque auroit pu la prendre, pour se l'attribuer, dans la première édition du Bocage d'Amour, donnée en 1578, et mentionnée dans la Bibliothèque du théâtre françois, t. 1, p. 220. Dans ce même ouvrage, il est parlé d'un autre recueil de notre auteur, les Ressentiments de Jacques de Fonteny pour sa Celeste, 1587, in-12, dont fait partie la pastorale en 5 actes la Galathée divinement delivrée. Quand les comédiens italiens vinrent en France, Fonteny se mit aussitôt à imiter leur théâtre. A peine Francesco Andreini, chef de la troupe de li Gelosi, avoit-il donné, en 1607, la première partie de sa grande pièce matamore le Bravure del capitan Spavento, que notre confrère de la passion la publia en françois sous le titre de: les Bravacheries du capitaine Spavente, traduictes par J. D. F. P. (Jacques de Fonteny, Parisien). M. Brunet, trompé par la première de ces initiales, a dit que cette traduction étoit de Jean de Fonteny; mais, selon moi, c'est bien Jacques qu'il faut dire. En 1638, Anthoine Robinot publia pour la seconde fois cette traduction avec le titre nouveau de le Capitan, par un comédien de la trouppe jalouse. Cette seconde édition est mentionnée dans le Catalogue Soleinne, sous le no 804, avec une note où, après avoir fait ressortir l'influence que cette pièce put avoir sur notre théâtre, dont le matamore fut dès lors l'un des personnages indispensables, l'on ajoute: «La première édition du Capitan doit être bien antérieure à celle de 1608, la plus ancienne qui soit citée par la bibliographie.» C'est une erreur, puisqu'en effet, je le répète, la première partie de l'ouvrage d'Andreini, dont celui-ci n'étoit que la traduction, avoit paru seulement en 1607. (V. le curieux travail de M. Ch. Magnin sur le Teatro celeste, Revue des deux mondes, 15 décembre 1847, p. 1103, note.) Fonteny sacrifioit volontiers à la mode en littérature: nous venons de le voir pour les comédies italiennes, dont il se hâta de se faire le traducteur au moment de leur premier succès; nous allons en avoir une autre preuve par son volume d'Anagrammes et sonnets, dédiés à la reine Marguerite, qu'il publia en 1606, in-4, c'est-à-dire au moment où ce genre de casse-tête poétique commençoit d'être en vogue. L'Estoille, dont Fonteny étoit l'ami, reçut de lui, en présent, ce volume d'anagrammes, et voici comment il en parle: «Le vendredi 5 (janvier 1607), Fonteny m'a donné des anagrammes de sa façon, qu'il a fait imprimer pour la reine Marguerite, où entr'autres il y en a ung tout à la fin qui est sublin et rencontré de mesme, tiré, ainsi qu'il dit, de l'Escriture, fort convenable à la qualité, vie et profession de la ditte dame, dans le nom de la quelle, qui est Marguerite de Valois, se trouve: Salve, virgo mater Dei. Il y en a encores un autre de mesme qu'il y a mis, qui suit cestui-ci, de pareille estofe et grace; les quels deux il semble avoir reservés pour la bonne bouche, afin que d'une tant belle conclusion, et si à propos, on jugea tout le reste, qui ne vault pas mieux.» Par bonheur un autre présent accompagnoit celui-là et le faisoit passer, quoi que ce fût aussi, mais dans un genre bien différent, un ouvrage de Fonteny: «Le dit Fonteny, ajoute l'Estoille, m'a donné pour mes estrennes un plat de marrons de sa façon, dans un petit plat de faïence, si bien faict qu'il n'y a celui qui ne les prenne pour vrais marrons, tant ils sont bien contrefaits près du naturel, se rencontrant plus heureux en cest ouvrage qu'en celuy des anagrammes.» Quelques semaines après, Fonteny, qui avoit encore quelque présent de vers à se faire pardonner, gratifia l'Estoille de la même manière. «Fonteni le boiteux, écrit celui-ci, m'a donné ce jour (20 fév. 1607) un plat artificiel de sa façon, de poires cuites au four, qui est bien la chose la mieux faite et la plus approchante du naturel qui se puisse voir. Il m'a donné aussi son Œnigme de la cloche.»—Mon ami M. de Montaiglon, frappé comme moi de ces deux passages de l'Estoille qui nous font connoître un imitateur de Palissy très intéressant et très imprévu, pense, avec raison, que la grande F placée sous une assiette de fruits émaillée faisant partie de la collection des faïences du musée du Louvre pourroit bien être l'initiale de notre Fonteny.

[54]: L'Eurotas. Les cygnes de ce fleuve étoient célèbres.

[55]: Ce traité se trouve avec les Hymnes, etc., à la suite des anciennes éditions des Argonautica d'Orphée; mais, comme tout le reste, on sait à présent qu'il n'est pas de lui.

[56]: Plutarque dans ses Symposiaques, au bizarre chapitre: Quel des deux a été le premier, de la poule ou de l'œuf? parle de cet usage.

[57]: C'est-à-dire quand, après la moisson, l'on faisoit avec le blé fauché ces grandes meules qu'on appelle chaumiers dans la Beauce.