[58]: Moissonneurs, ceux qui font l'aoust.
[59]: S'il falloit se bien garder de casser un œuf plein, il falloit aussi se hâter de le briser sitôt qu'on en avoit vidé la coque. C'étoit un usage sacré chez les Romains (Pline, liv. 28, ch. 2), et que nous avons conservé comme simple règle d'étiquette: «Après votre soupe, que mangeâtes-vous? dit l'abbé Delille à l'abbé Cosson dans la fameuse conversation qu'a rapportée Berchoux.—Un œuf frais, répond l'autre.—Et que fîtes-vous de la coquille?—Comme tout le monde, je la laissai au laquais qui me servoit.—Sans la casser?—Sans la casser.—Eh bien! mon cher, on ne vide jamais un œuf sans briser la coquille.» (Notes du poème la Gastronomie.) Grimod de la Reynière (Almanach des gourmands, 3e année, p. 349-350) se préoccupe de cet usage, et assure qu'il a beaucoup réfléchi pour en deviner le motif. Pline, qui en a parlé le premier, ne le savoit pas bien lui-même. «Au reste, dit l'illustre gourmand, il n'y a nul inconvénient à s'y soumettre.»
[60]: Lustrateur, qui tenoit et présentoit l'eau lustrale.
[61]: Eau de senteur fort en renom depuis le temps de Rabelais, qui la cite au chap. 55 de son livre 1er, jusqu'à Corneille, qui en parle dans sa comédie de la Veuve (act. 1er, sc. 1re). Elle étoit composée d'iris de Florence, de storax, de bois de rose, de santal citrin, etc. Les Espagnols avoient aussi une eau des anges (agua de angeles), mais qu'ils composoient autrement. D'après la recette qu'en donne un commentateur de Don Quichotte (2e partie, ch. 32), il paroît que la fleur d'oranger y dominoit. L'eau d'ange se seroit ainsi rapprochée de l'eau de naffe, dont nous avons parlé dans notre tome 4, p. 362, et qu'on nous assure être la même chose que l'eau de fleur d'oranger, bien que, dans le passage du Décameron cité par nous, Boccace les distingue formellement.
[62]: On commençoit par les œufs et l'on finissoit par les fruits, comme chez nous. De là le proverbe: Ab ovo... usque ad mala, depuis le commencement jusqu'à la fin.
[63]: Au moyen âge, lors même qu'on se servoit de l'huile et de la gomme pour la plupart des couleurs, il y en avoit quelques unes pour lesquelles on recouroit au blanc d'œuf. «Le vermillon, dit le Moine Théophile, la céruse et le carmin doivent se broyer et s'appliquer avec du clair d'œuf.» (Diversarum artium schedula, liber 1, cap. 27).
[64]: Dans les manuscrits, pour appliquer l'or, l'on s'étoit toujours servi d'un mélange de vermillon et de cinabre, broyé dans un clair ou blanc d'œuf. (Idem, cap. 31.) Quant aux relieurs, ils durent toujours faire usage du blanc d'œuf pour leurs dorures; aujourd'hui encore ils ont soin de glairer préalablement la partie sur laquelle la feuille d'or doit être appliquée.
[65]: C'est la première fois que nous voyons expliquer ainsi le nom de ces billets doux, qu'on appeloit aussi chapons. (V. notre tom. 1er, p. 12.) Nous préférons, l'étymologie que donne Le Duchat, lorsqu'il dit dans son Dict. étymologique de Ménage (Paris 1750, in-fol.), qu'on appeloit ainsi les billets doux parcequ'on les plioit en forme de poulet, «à la manière, dit-il, dont les officiers de bouche plient les serviettes, auxquelles ils savent donner diverses figures d'animaux». Le Duchat auroit pu appuyer son explication du passage de l'Ecole des Maris (act. 2, sc. 5) où Isabelle raconte à Sganarelle comment un jeune homme
... a droit dans sa chambre une boîte jetée
Qui renferme une lettre en poulet cachetée.
[66]: Armée.