[206]: C'est-à-dire agile, en liberté. On disoit plutôt encore à delivre, comme dans cette phrase de la 124e nouvelle de Despériers: «N'ayant la langue si à delivre pour se faire entendre.»

[207]: Le canif. (V. notre t. 1, p. 217.)

[208]: C'est ce que nous appelons aujourd'hui des mitaines, mot qui autrefois étoit synonyme de mouffle, et qui, au lieu de désigner ces demi-gants de femme, s'employoit pour ces gros gants fourrés qui n'avoient qu'une séparation entre les quatre doigts réunis et le pouce. Ces sortes de gants se vendoient chez les bonnetiers, qui, pour cela, se faisoient appeler mitonniers. (V. le volume déjà cité des Mélanges d'une grande bibliothèque, p. 11 et 121.)

[209]: Sur ces gants à frange, V. notre t. 3, p. 247. C'étoit un des grands luxes de cette époque. «On lit dans un vieux bouquin imprimé à La Haye en 1604 que les habitants de Cambray, pour recevoir dignement le roi, qui devoit passer par leur ville, eurent l'attention délicate de faire la barbe à un pendu qui étoit exposé aux fourches publiques, et de mettre un gant avec une frange d'or magnifique à une main de bois qui servoit de guide sur le grand chemin de la ville.» (Essai historique sur les modes et la toilette françoise, Paris, 1824, in-12, t. 2, p. 95.)

[210]: Le meilleur cuir pour les gants venoit d'Espagne. On disoit alors souple comme un gant d'Espagne, proverbe qui a survécu, mais mutilé. (V. Francion, 1663, in-8, p. 63) L'on disoit, lisons-nous dans les Mélanges d'une grande bibliothèque, loc. cit., «que, pour faire de beaux et bons gants, il falloit que trois royaumes y concourussent: l'Espagne, pour préparer et passer les peaux; la France, pour les tailler; l'Angleterre, pour les coudre, parceque les Anglois avoient déjà imaginé des aiguilles particulières pour bien coudre les gants, ce qui est assez difficile.» Du temps de Savary, le proverbe que nous venons de citer n'étoit déjà plus vrai: la France suffisoit pour faire de bons gants.

[211]: J. Godard auroit en effet encore pu parler des gants de Grenoble, des gants de Niort, qui sont restés célèbres, et d'une espèce de gants appelés gants gras, qui se mettoient pour adoucir les mains. Il en est déjà longuement question dans les Mémoires de La Force, t. 2, p. 457. On les fabriquoit à Ham. «On les appeloit aussi gants de chien, dit Savary, parcequ'ils se faisoient de la peau de cet animal passée en l'huile.»

[212]: Elle se conserve encore dans quelques villes de province, où l'on donne des gants aux conviés d'une noce ou d'un enterrement. C'est un reste de l'usage des paraguante. V. une note de notre édition du Roman bourgeois, p. 103.

[213]: Allusion à l'ordonnance de 1539, par laquelle François Ier décida qu'à l'avenir l'on emploieroit la langue françoise dans la rédaction des actes et dans les débats judiciaires. S'il falloit en croire une anecdote bien connue, cette sage mesure lui auroit été inspirée par quelques paroles d'un plaideur, nouvellement arrivé à Paris, que la cour avoit débouté (debotaverat) de son action, et qui se croyoit tout bonnement débotté par elle. (V. Dreux du Radier, Tablettes historiques et anecdotes des rois de France, t. 2, p. 152.)

[214]: L'abbé Goujet n'avoit pas remarqué ces deux sonnets, dans lesquels se retrouve l'une des préoccupations favorites de Jean Godard: la langue françoise et la grammaire. On a de lui un Discours sur la lettre H, etc.—Au lieu de parler de ces deux sonnets, l'abbé a dit par erreur (Biblioth. franç., t. 15, p. 248-249) que cette pièce du Gant de J. Godard se termine par un sonnet et un sixain de J. Heudon.

[215]: Nous donnons cette pièce telle que nous l'avons trouvée imprimée, avec toutes ses incorrections et ses vers faux.