[225]: L'année précédente (1613), à l'occasion du duel entre le baron de Luz et le chevalier de Guise, dans lequel le premier fut tué, il avoit paru une déclaration du roi contre les duels, «avec protestation de n'accorder jamais la grace.» On ne l'avoit pourtant pas encore mise à exécution.
[226]: Les fripiers garnissoient leurs boutiques avec les défroques des suppliciés, que le bourreau leur vendoit. C'est ce qu'on voit par un passage des Visions du Pelerin du Parnasse, Paris, J. Gesselin, 1635, in-8, p. 121-112, très curieux volume que nous aurions peut-être fait entrer tout entier dans notre recueil, si quelques unes des pièces que nous avons données déjà ne s'y trouvoient à l'état de simples chapitres. Ainsi, l'une de celles qui précèdent, Réglement d'accord sur la préférence des savetiers cordonniers (V. plus haut, p. [41]-58), y forme le 19e chapitre. Voici le passage relatif aux fripiers: «S'il (le chaland) estoit si faquin de s'aller habiller en ce païs là, il y auroit danger qu'il ne devint héritier des despouilles de quelque pauvre diable qui huit jours auparavant auroit passé par les mains discrètes du subtil Jean Guillaume.» Jean Rozeau, le bourreau de la Ligue, cet habile homme qui, lit-on dans le Scaligerana, p. 37, «défaisoit fort bien en laissant seulement tomber l'épée», avoit fait comme fit plus tard son successeur Jean Guillaume. C'est même pour s'être trop hâté de pendre le président Brisson, afin de le dépouiller de son riche manteau de peluche, qu'il fut pendu à son tour sous Henri IV. (V. plus haut, p. [52], et Lettres d'Estienne Pasquier, in-fol., t. 2, p. 485).
[227]: Barbiers-chirurgiens, carabins de Saint-Côme, ainsi qu'on les appeloit. Ils s'occupoient surtout de la cure de ces maladies.
[228]: C'est Antoine Vitré, l'un des plus fameux imprimeurs de Paris au XVIIe siècle. Il n'y avoit que deux ans qu'il avoit commencé à imprimer quand il publia cette pièce. Le Bruslement des moulins des Rochelois en 1621 est, à ce qu'on croit, la première chose qui sortit de ses presses. Il exerça jusqu'à sa mort, en 1674. Il n'avoit pas moins de 85 ans alors, car en 1670, dans l'avis qu'il donna au sujet de la grande affaire du Pain mollet, pour lequel il eut la collaboration d'un Poquelin, peut-être celle de Molière lui-même, il est dit qu'il a 81 ans. V. notre article Molière et le procès du pain mollet (Revue françoise, 20 juillet 1855).
[229]: C'est la première fois que nous voyons cet inoffensif oiseau tenir dans les invocations la place de la fameuse poule noire; mais celle-ci interviendra tout à l'heure.
[230]: Dans le Diable boiteux imité de l'espagnol par Lesage, c'est Asmodée qui joue le même rôle. Celui-ci est un démon bien plus ancien et bien plus célèbre que ce Boël. Il est déjà question de lui dans la Bible. V., pour l'étymologie de ce nom, Revue archéologique, t. 4, 1re part., p. 326.
[231]: Le livre de Cornelius Agrippa de Nettesheim, De philosophia occulta, si fameux encore au XVIIIe siècle qu'on en publia en 1737 une traduction françoise, 2 vol. in-8.
[232]: Ce mot se disoit «de certains billets que donnoient les charlatans ou sorciers, et qui, à cause des figures talismaniques dont ils étoient marqués, pouvoient, disoient-ils, produire toutes sortes de prodiges. Il est utile de connoître cette acception du mot caractère pour bien comprendre ce passage du rôle de Crispin dans les Folies amoureuses de Regnard (act. 1, sc. 5):
... Tout le temps de ma vie
J'ay fait profession d'exercer la chymie.
Tel que vous me voyez, il n'est guère de maux
Où je ne sache mettre un remède à propos,
Pierre, gravelle, toux, vertiges, maux de mère.
On m'a même accusé d'avoir un caractère.
[233]: V. l'une des notes précédentes.