[9]: Les feux d'artifice étoient en effet fort à la mode alors. On se les permettoit même dans les couvents lorsqu'il s'agissoit de cérémonies un peu importantes, telles que canonisations de saints ou de saintes. Les fêtes de la canonisation de sainte Thérèse furent pour les carmes l'occasion de réjouissances de cette espèce. V. notre édit. des Caquets de l'Accouchée, p. 48-49, note, et Dreux du Radier, Récréations historiques, t. 2, p. 183.

[10]: Louis XIII étoit né le 29 septembre, jour de Saint-Côme.—Le feu d'artifice du sieur Jumeau, préparé pour célébrer l'heureux événement de la paix survenue entre le roi et les princes après l'assassinat du maréchal d'Ancre, avoit été ajourné jusqu'à l'anniversaire de la naissance de Louis XIII par suite des voyages du roi à Rouen et dans le centre de la France.

[11]: Pendant tout ce règne et le suivant, ces inventions se perfectionnèrent encore. Lors de la naissance de Louis XIV, il y eut, par exemple, des feux d'artifice qui éclipsèrent tout ce qu'on avoit vu jusque alors. «Les jésuites, outre près de mille flambeaux dont ils tapissèrent leurs murs les 5 et 6, firent, le 7 dudit mois de septembre, un ingénieux feu d'artifice dans leurs cours, qu'un dauphin alluma entre plus de deux mille autres lumières qui éclairoient un ballet et comedie, sur le mesme sujet, representés par leurs escoliers.» (Cérémonial françois, t. 2, p. 214.)—C'est un nommé Carême qui, à la fin du XVIIe siècle, excelloit dans ce genre de merveilles pyrotechniques. «Carême, lit-on dans le Livre commode des adresses, au chapitre des Passe-temps et menus plaisirs, se rend célèbre par les feux d'artifice figurés, coloriés.»

[12]: Les feux d'artifice étoient tirés, au XVIIe siècle, soit sur des bateaux en pleine Seine, comme celui dont l'ambassadeur d'Espagne donna le spectacle aux Parisiens en 1722, à l'occasion de l'arrivée de l'infante, et qui fut disposé avec beaucoup d'art entre le Pont-Royal et le Pont-Neuf (V. Journal de Marais, Rev. rétrosp., 30 nov. 1836, p. 182), soit sur la Pont-Neuf même. C'est là que fut tiré celui des fêtes de la naissance de Louis XIV, qui inspira ces vers de Saint-Amant:

Au milieu du Pont-Neuf,
Près du cheval de bronze,
Depuis huit jusqu'à neuf,
Depuis dix jusqu'à onze,
On fit un si grand feu qu'on eut grand'peine
De sauver la Samaritaine
Et d'empêcher de brûler la Seine.

Voy. aussi le Journal de Barbier, t. 2, p. 138, 241, 304.—Sous Louis XIII, les particuliers qui vouloient se donner ce divertissement se rendoient dans l'île Notre-Dame (île Saint-Louis), à peu près inhabitée, et y tiraient leurs feux d'artifice. Une fusée lancée de là par un jeune garçon, pendant les fêtes de la Saint-Jean de cette même année 1618, tomba sur un bateau du port au Foin, qui prit feu, et qui, s'en allant à la dérive, incendiant les autres bateaux, faillit embraser le pont. (Mercure françois, 1618, p. 25.)

[13]: Piédestal ne s'écrivit d'abord pas autrement.

[14]: Ceci nous fait souvenir du feu d'artifice du Menteur (acte 1er, sc. 5), qui, selon la mode du temps, auroit aussi été tiré sur la rivière:

Après qu'on eut mangé, mille et mille fusées
S'élançant dans les airs, ou droites ou croisées,
Firent un nouveau jour, d'où tant de serpenteaux
D'un déluge de flamme attaquèrent les eaux,
Qu'on crut que, pour leur faire une plus rude guerre,
Tout l'élément du feu tombait du ciel en terre.

[15]: Cette pièce, très rare, a été analysée dans une relation du siége de la Rochelle reproduite, d'après l'édition du temps, par les Archives curieuses, 2e série, t. 3, p. 111-113.—Un autre Mémoire sur le même sujet parut alors sous le titre de Mémoire très particulier de la despence qui a esté faicte dans la ville de la Rochelle, avec le prix et qualité des viandes qui ont esté excessivement vendues en ladite ville, depuis le commencement du mois d'octobre jusqu'à sa réduction. A Paris, chez Charles Hulpeau, sur le pont Sainct-Michel, à l'Ancre double, et à sa boutique dans la grand salle du Palais, 1638, avec permission; in-8. Il existe entre les deux pièces, pour quelques détails de l'étrange tarif qu'elles donnent l'une et l'autre, des différences que nous signalerons au passage.