[259]: Il y a ici une allusion aux prétentions de M. d'Epernon, qui, bien que simple cadet de La Valette (v. la 17e épitre de Busbecq à l'empereur Maximilien), et même, à en croire les ligueurs, fils d'un pauvre porte-paniers (Avertiss. des cathol. anglois, 1590, feuill. 28), se disoit de l'ancienne famille de Nogaret. «M. d'Espernon dit qu'il est sorti des Nogaret, lit-on dans le Scaligerana, 1667, in-12, p. 75; il se trompe: le père de son grand père, qui estoit son bisaïeul, estoit notaire; La Valette estoit son nom. Monsieur du Bartas avoit encore beaucoup d'instruments du notaire La Valette, d'où est descendu d'Epernon.»
[260]: Ce fameux libelle, dirigé surtout contre Maurice Le Tellier, archevêque de Reims, et, en passant, contre Mme de Maintenon et l'Académie françoise, est d'un auteur encore inconnu. Barbier (Dict. des Anonymes, no 2,405) l'attribue, d'après l'auteur de la Bastille dévoilée (9e livraison, p. 76, note), à François de la Bretonnière, bénédictin défroqué, réfugié en Hollande, où il faisoit la Gazette sous le nom de La Fond. C'est là qu'il auroit écrit ce pamphlet. Un juif, qui étoit de ses amis et qu'on acheta, l'auroit livré, toujours d'après l'auteur de la Bastille dévoilée, aux agents de la police françoise, et La Bretonnière seroit venu expier son libelle par trente ans de captivité dans la cage de fer du Mont Saint-Michel. Nodier, qui en avoit possédé un des rares exemplaires, vendu 21 fr. à sa première vente, en 1827, et 118 à la seconde, en 1830, et qui, en dernier lieu, n'en possédoit plus qu'une copie manuscrite, s'en tenoit, comme Barbier, à ce qu'avoit dit l'auteur de la Bastille. Il attribuoit le Cochon mitré à Fr. de La Bretonnière (Description raisonnée d'une jolie collection de livres, p. 419, no 1027). Le Ducatiana le met au contraire sur le compte d'un nommé Chavigny, sans dire ce qui autorise son opinion. Ainsi, à ce sujet rien de certain, sinon peut-être que tout le monde s'est trompé. C'est l'avis de M. Leber: «Il y a, dit-il dans son livre sur l'Etat réel de la Presse et des Pamphlets depuis François Ier jusqu'à Louis XIV (p. 111), beaucoup d'erreurs dans ce qu'on a écrit sur l'auteur de cette infamie et sur sa punition.» Dans le Catalogue de sa Bibliothèque (t. 2, p. 324, no 4478), M. Leber avoit déjà parlé de ces erreurs, et, de plus, il les avoit prouvées, en faisant voir que tout le roman qui se lit dans la note de la Bastille dévoilée est un emprunt fait à la Musique du Diable, ou le Mercure galant dévalisé (Paris, 1711, in-12, p. 60). Tout s'y trouve en effet raconté de la bouche même de l'auteur du Cochon mitré. Il n'oublie rien que de dire son nom. C'est dans la note de la Bastille dévoilée que La Bretonnière est nommé pour la première fois, et, sans doute, fort gratuitement. M. Leber argue de la date de 1711, qui est celle de la Musique du Diable, que l'auteur du Cochon ne dut pas rester trente ans en prison, puisqu'on le donne pour mort dans ce livre, et puisque le Cochon mitré, cause de son emprisonnement, avoit paru en 1688.—Ce pamphlet eut dans l'origine deux éditions, qui se suivirent de près, et qui sont aujourd'hui aussi rares l'une que l'autre. Celle qui semble être la première a pour titre: Le Cochon mitré, dialogue, Paris, chez le Cochon (sans date). C'est un petit in-8 de 32 pages, y compris le titre et la gravure du cochon. L'exemplaire vendu deux fois chez Nodier étoit de cette édition. Elle dut paroître vers le mois de juillet 1688, c'est-à-dire peu de temps après la mort de Furetière, qui avoit eu lieu le 14 mai, et qui, d'après ce qu'on lit aux premières pages, devoit être encore toute récente. L'autre édition, que M. Brunet, dans le Manuel, croit au contraire être l'originale, n'indique pas de lieu d'impression et porte la date de 1689. C'est un in-12 de 28 pages. Il paroîtroit que l'une des deux avoit été subrepticement imprimée à Reims, à deux pas du palais qu'habitoit le prélat vilipendé. M. Brissart-Binet, à qui nous devons plusieurs des renseignements qui précèdent, tenoit de M. Hédouin de Pons-Ludon une anecdote qui le feroit croire. La voici telle que M. Hédouin la racontoit d'après une tradition de famille: «Lorsque quelques chanoines de Reims firent contre Maurice Le Tellier un libelle intitulé: Le Cochon mitré, imprimé chez Godard, que l'archevêque avoit tiré deux fois de la Bastille, l'imprimeur fut appelé chez Maurice Le Tellier, qui lui reprocha son ingratitude. «Monseigneur, dit l'ouvrier, ce qui m'a engagé à l'imprimer, c'est que l'ouvrage est bien fait.—Eh bien! reprit le prélat, envoyez-m'en un exemplaire.» Puis, après l'avoir lu: «Je n'ai pas, dit-il, tous les défauts qu'on m'y suppose, mais qu'on en mette deux exemplaires dans ma bibliothèque.»—En 1850, M. Chenu a donné une édition du Cochon mitré à 110 exemplaires.
[261]: Furetière étoit, comme on sait, abbé de Chalivoy; je ne sache pas qu'il fût en passe d'un évêché quand il mourut.
[262]: Nous avons déjà dit qu'il mourut le 14 mai 1688. Il avoit 68 ans.
[263]: Bruit, vacarme. On trouve dans Montaigne (liv. 3, chap. 10) l'expression: un tabut de valets.
[264]: On sait que Balzac étoit de la plus solennelle vanité. Un jour, après avoir été malade d'un gros rhume, il vint faire sa cour à Richelieu, qui lui demanda s'il se portoit mieux: «Eh! monseigneur, dit Bautru, qui étoit là, comment voulez-vous qu'il se guérisse? Il ne parle que de lui-même, et à chaque fois il met le chapeau à la main: cela entretient son rhume.»
[265]: Sa femme. Il lui donne là le nom que portoit la petite levrette de sa chienne de sœur.
[266]: Le maréchal d'Albret alloit souvent chez Scarron, surtout lorsqu'il fut marié, et l'on sait qu'après la mort du poète cul-de-jatte, sa femme n'eut pas d'abord d'autre asile que l'hôtel d'Albret.
[267]: Scarron revient souvent dans ses vers sur ce titre de: Malade de la Reine, sous lequel il s'étoit fait pensionner par Anne d'Autriche. C'est surtout dans sa requeste à la reine pour avoir un logement, en outre de sa pension, qu'il en a parlé avec esprit ...
.....Votre malade exerce
Sa charge avec intégrité
Pour servir Votre Majesté.
Depuis peu l'os la peau lui perce.
Tous les jours s'accroît son tourment;
Mais il le souffre gaiement,
Il fait sa gloire de sa peine,
Et l'on peut jurer sûrement
Qu'aucun officier de la reine
Ne la sert si fidellement.