(Recueil Maurepas, t. 6, p. 443.)
[300]: Il ne parvint pas à être fait cardinal. Louvois le désiroit fort, mais le roi Jacques refusa son appui et l'affaire manqua. Louvois en garda rancune au roi d'Angleterre, et, lorsqu'il eut été détrôné, il s'opposa long-temps à ce que le roi lui vînt en aide. Seignelay étoit d'un avis contraire, disant qu'il étoit de la dignité de la France de lui faire rendre sa couronne. Ce fut la cause d'une brouille entre les deux ministres.
[301]: On étoit en effet au plus mal avec le pape Innocent XI, qui, en 1687, avoit profité de la mort de notre ambassadeur à Rome pour abolir les franchises dont jouissoit le représentant de la France. Louis XIV vit là un acte d'hostilité et y répondit en se saisissant d'Avignon et en s'assurant de la personne du nonce.
[302]: La duchesse d'Aumont étoit l'aînée et la plus belle des trois filles du maréchal de La Mothe.
[303]: Il étoit fils d'un premier mariage du duc d'Aumont avec Madeleine Le Tellier, sœur de Louvois et de l'archevêque de Reims, et, par conséquent, neveu de l'un et de l'autre.
[304]: Voir la note précédente.
[305]: Cette affaire scandaleuse est aussi racontée dans la France galante, ou Histoire amoureuse de la Cour (Cologne, P. Marteau, 1695, in-12, p. 416-417). Saint-Simon ne dit rien contre les mœurs de Mme d'Aumont, et c'est étrange de la part d'un médisant comme lui, qui là n'avoit pas à inventer, comme il fit souvent, mais qu'à écouter seulement ce qui se disoit et se chantoit partout. Voici, par exemple, un couplet du Recueil Maurepas (t. 7, p. 37):
Seras-tu toujours eprise
De toutes sortes de gens?
A ton âge, est-on de mise?
D'Aumont, quitte les galants.
—Je ne sçaurois.
—Quitte au moins les gens d'eglise.
—J'en mourrois.
Les Clérambault ont mis en note: «La duchesse d'Aumont étoit dévote de profession, et, comme elle avoit toujours eu quelque directeur en affection, qu'étant fort vive, elle étoit souvent avec lui et en parloit sans cesse, on avoit toujours médit d'elle et de ses directeurs. Les deux plus fameux qu'elle eut jusqu'à cette présente année 1691 étoient le P. Gaillard, jésuite, qu'elle quitta pour un père de l'Oratoire appelé le P. de La Roche. Mais, ce qui avoit encore plus que tout cela donné lieu à la médisance, c'est que Charles-Maurice Le Tellier, archevêque duc de Reims, pair de France et prélat très décrié du côté de la continence, avoit été très long-temps amoureux d'elle. Cette passion avoit d'autant plus fait de bruit que, la duchesse d'Aumont ayant aigri contre elle, quelques années auparavant, le marquis de Villequier, son beau-fils, celui-ci parloit publiquement contre le commerce de sa belle-mère avec l'archevêque de Reims. Le public renchérit encore là-dessus et n'épargna pas les directeurs, et peut-être avoit-il raison, car il faut toujours se défier des femmes, et surtout des dévotes.»
[306]: Elle étoit née, comme Villequier, du mariage du duc d'Aumont avec Madeleine Le Tellier. Comme Mme d'Aumont, sa belle-mère, elle avoit les apparences de la vertu, mais les apparences seules.