[310]: Si sa passion n'en eût pas souffert, l'archevêque n'eût pas vu là une bien terrible disgrâce. Il habitoit Reims de bon cœur: «Assez resident chaque année, dit Saint-Simon (t. 8, p. 126); gouvernant et visitant son diocèse, qui étoit le mieux reglé du royaume, et pourvu d'excellents sujets de tous genres, qu'il savoit choisir et s'attacher.»
[311]: Nous trouvons cette pièce dans le Chansonnier Maurepas (t. 3, p. 45), où elle a pour titre: La difformité de la réforme des saints. Elle existe avec celui qu'elle porte ici dans le recueil intitulé: Le tableau de la vie et du gouvernement de messieurs les cardinaux Richelieu et Mazarin et de Monsieur Colbert, représenté en diverses satyres et poésies ingenieuses.... (Cologne, P. Marteau, 1694, in-12, p. 214-218). La pièce qui précède celle-là, dans le même recueil, traite aussi de ce sujet. Elle a pour titre: Lettre en vers libres à un amy, en 1666, sur le retranchement des festes par M. Perefixe, archevêque de Paris. Il y est dit à la fin: «L'auteur de ce poème n'est pas M. Le Petit, car il estoit dejà brûlé en ce temps-là.» Et on lit en note, à la page 203: «C'estoit M. Colbert qui pressoit cette affaire pour faire travailler les gens.» Pareille mesure ne nous étonne pas de la part du laborieux ministre. Louis XIV, pourtant, s'attribue tout l'honneur de celle-ci dans ses Memoires (Paris, 1806, in-8, 1re partie, p. 277-278): «J'observai, dit-il, que le grand nombre des festes, qui s'etoient de temps en temps augmentées dans l'Eglise, faisoit un prejudice considérable aux ouvriers, non seulement en ce qu'ils ne gagnoient rien ces jours-là, mais en ce qu'ils y despensoient souvent plus qu'ils ne gagnoient dans tous les autres. Car enfin c'étoit une chose manifeste que ces jours, lesquels, suivant l'intention de ceux qui les ont établis, auroient dû être employés en prières et en actions pieuses, ne servoient plus aux gens de cette qualité que d'une occasion de debauche, dans laquelle ils consumoient incessamment tout le fruit de leur travail. C'est pourquoi je crus qu'il etoit ensemble et du bien des particuliers, et de l'avantage du public, et du service de Dieu même, d'en diminuer le nombre autant qu'il se pourroit; et, faisant entendre ma pensée à l'archevêque de Paris, je l'excitai, comme pasteur de la capitale de mon royaume, à donner en cela l'exemple à ses confrères de ce qu'il croiroit pouvoir être fait, ce qui fut par lui bientôt après executé de la manière que je l'avois jugé raisonnable.»
[312]: Il datoit de l'année précédente. Voy. t. 5, p. 84.
[313]: Des stances sur le même sujet, qui se trouvent dans le Recueil de Maurepas (t. 3, p. 17-20), parlent aussi de la suppression de la fête de saint Thomas. Ce patron, dont le nom étoit écrit en rouge sur les almanachs, comme celui de tous les saints dont on chômoit la fête, ne fut plus à l'avenir écrit qu'en noir; ce qui fait dire:
Dans cette commune disgrace
Tout le monde plaint saint Thomas,
Et nous le verrons, quoi qu'il fasse,
En changer de couleur sur tous les almanachs.
[314]: Les fêtes d'évangélistes avoient en effet été supprimées. On lit dans les stances que je viens de citer:
Saint Luc, fidèle evangeliste,
Saint Marc, faisant même metier,
Ne se verront plus sur la liste.
[315]: La fête des Innocents, qui se célébroit le 28 décembre, avoit aussi été retranchée. Nous lisons dans les stances déjà citées, où il est fait allusion à la suppression des auvents de maisons, «qui, avançant trop dans les rues, obscurcissoient le dedans des boutiques et empêchoient, la nuit, la clarté des lanternes», suppression qui fut ordonnée en même temps que le retranchement des fêtes:
Les festes supprimer, retrancher les auvents
Est une police nouvelle;
Pour moy, je la tiens criminelle,
D'attaquer sans pitié les petits Innocents.
[316]: Nous lisons dans les stances citées tout à l'heure: