[344]: La rue des Trois-Portes, de même que celles du Plâtre et des Anglois, dont il vient d'être parlé, est voisine de la place Maubert; elle y aboutit même. C'est chez un des procureurs, alors assez nombreux, de ce quartier, que Voltaire fut quelque temps clerc en 1714. Il se nommoit maître Alain; il avoit son étude, non pas rue Perdue, comme l'ont dit l'abbé Duvernet et Lepan, mais près les degrés de la place Maubert, dans cette partie de la place qui va de la rue de la Bûcherie à la rue Galande, et qui s'appeloit alors rue Pavée-Saint-Bernard. C'est Voltaire qui nous donne lui-même cette adresse dans ses lettres à Mlle Dunoyer du 20 janvier et du 10 février 1714. Thiriot étoit clerc dans la même étude; c'est là que Voltaire se lia d'amitié avec lui.

[345]: Tout bon ivrogne étoit de la société du Cordon rouge, tout fin gourmand de la société du Cordon bleu. On devine par là d'où vient le nom donné encore aux habiles cuisinières.

[346]: Il paroît décidément que cette pauvre rue Quincampoix avoit les maris trompés en partage. Tallemant, ayant eu à la nommer dans son historiette de Scudéry, met en note: «On l'appelle aussi la rue des Cocus.» (Edit. in-12, t. 9, p. 146.) On la surnommoit encore rue des Mauvaises-Paroles. V. notre édit. des Caquets de l'Accouchée, p. 11.

[347]: Allusion au conte du Faiseur d'oreilles, que la 3e des Cent Nouvelles nouvelles et le 11e des Contes de des Périers avoient popularisé bien avant La Fontaine.

[348]: Sur les indemnités que le père supposé de l'enfant devoit payer à la servante engrossée, V. notre t. 1, p. 319-320, note.

[349]: Le capitaine Picotin étoit sans doute un de ces aventuriers qui, pendant le chômage des guerres, alloient se mettre au service des petits Etats étrangers, notamment à celui des princes d'Italie, et leur prêtoient leurs secours mercenaires dans les querelles qu'ils avoient entre eux. Ainsi, c'est en France, que l'Italie du XVIIe siècle, bien différente de ce qu'elle étoit aux époques antérieures, se recrutoit de condottieri. Les financiers italiens, alors si nombreux à Paris, se chargeoient pour l'ordinaire de ces embauchements. Malherbe nous parle d'une affaire de cette espèce que le banquier Cenami, dont il a été question dans notre tome 3, p. 174, avoit ainsi montée pour le duc de Lucques: «Sennamy (sic) ayant fait offrir à MM. de Lucques de leur mener et nourrir, durant leur guerre contre le duc de Modène, trois cents hommes de pied, ils lui ont donné commission.» (Lettre de Malherbe à Peiresc du 14 septembre 1613.) On finit par s'inquiéter à la cour de ces enrôlements, qui appauvrissoient la France de soldats. Louis XIII les défendit par les lettres-patentes du 22 septembre 1614, que nous avons déjà citées (t. 5, p. 217). C'est avant cette date que le capitaine Picotin avoit dû servir le duc de Savoie. Tout me donne à penser, en effet, que l'expédition pour laquelle il lui avoit mené sa compagnie est celle du Montferrat et de Mantoue, vers le milieu de 1613. Malherbe, dans sa lettre du 4 juin, appelle cette guerre «la chaleur du foie de M. de Savoie», sans doute parcequ'il s'y étoit jeté en affamé qui va tout dévorer; mais, la France, l'Espagne et les Vénitiens s'étant mis de la partie, il fallut bien qu'il se calmât et fît la paix. Le renvoi des compagnies mercenaires dut suivre de près. De là la plainte du capitaine Picotin.

[350]: Le paysan. V. plus haut, p. [53], note, et, sur les ravages des soldats dans les campagnes, notre t. 5, p. 215, note.

[351]: C'est-à-dire sans semelle aux souliers, et par conséquent nu-pieds, comme les premiers chrétiens.

[352]: L'Escurial.

[353]: Ces projets d'expédition du sultan Achmet 1er contre Malte n'eurent pas de suite.