Ce ne sont point aussi d'une plume subtile
Les beaux traits ny l'emprunt d'un langage affetté;
Ains c'est du fruict forcé de ma veine infertile
Qu'indiscret je dedie à Votre Majesté.

Et, si vous acceptez mon bien peu d'industrie,
Selon ce que j'en ose icy mettre en avant,
Sans me faire quitter tout à fait ma patrie,
Vous ne lairrez d'en voir les effets bien souvent.

J'envie tant l'honneur de vous rendre service,
Que quand je n'en aurois que l'envie tousjours,
Ceste envie me semble à devider propice
Sous vostre règne heureux le reste de mes jours.

Faites-m'en donc donner (ô très puissant monarque!)
La charge et le moyen convenable au projet,
Et je seray tant mieux, jusqu'où ma fin se marque,
De Vostre Majesté le très humble sujet.


A tous en general.

Mars estoit sans second en toutes ses batailles;
Il ne pouvoit forcer les cœurs ny les murailles
Des huguenots mutins, et n'eust pas eu du bon
Sans Louys de Bourbon.

Ce Louys est un roy des plus grands de la terre;
Il tient de Jupiter le sceptre et le tonnerre,
Et fait trembler de peur plus de quatre fois l'an
Pampelone et Milan.

La ville qu'autresfois s'est montrée imprenable,
Aux forces de ce roy n'a pas esté tenable,
Ny tant d'autres encor qui l'avoient dedaigné
N'y ont guères gaigné.

L'estranger qui menace et qui n'ose paroistre
Au front de son envie, a bien sceu recognoistre
Que la France a un roy qui, comme les Cesars,
Ne craint point les hasards.