Les maistres entrepreneurs et ouvriers de ce superbe bastiment, voulans contribuer de leur part à cette devote ceremonie, ont presenté à leur patron sainct Louis, dans ce lieu, un haut et puissant May, auquel sont attachées en grands tableaux les armes de sa Majesté d'un costé, et celles dudit seigneur cardinal duc de l'autre.
Discours nouveau de la grande science des femmes, trouvée dans un des sabots de maistre Guillaume.
Maistre Guillaume est amoureux
Pour le jourd'huy, las! quand j'y pense,
Car de recueillir est soigneux
Des femmes les belles sciences.
M.D.C.XXII[268]. In-8.
Maistre Guillaume, c'est donc maintenant, à ce que je voy, que vous estes amoureux. A ce que je peux estimer en moy mesme, vous y mettez vostre esprit et amitié, pour ce jour'huy, car je ne vous avois point encor ouy tant les exalter de leurs sciences, comme vous faites à present, tous les prisez plus que n'a fait un Draco le sevère, ny un Solon le sage, mesme plus qu'un Lycurgue l'austère, ny un Charondas le prudent. Bref, maistre Guillaume, vous les prisez plus que n'ont jamais fait les poëtes anciens; toutes fois, maistre Guillaume, je vous en scay bon gré, car je represente à mes yeux l'obeissance de Griselidis, laquelle estoit si remplie de tant d'honorable science envers Gautier, marquis de Saluces, qui estoit son mary et espoux, et aussi la belle Gillette, qui estoit fille d'un medecin de Narbonne, qui a par sa belle science montré une infinité de beaux enseignemens et de belle doctrine. Vous avez leu, maistre Guillaume, à ce que je vois, l'hystoire du roy Chilperic, lequel ne fit difficulté d'espouser Fredegonde, ores qu'elle fust fille d'un pauvre homme de basse qualité. Ce souverain personnage la prist, voyant sa belle science; toute fois, M. Guillaume, je vous supplie m'excuser, vous suppliant très affectueusement de me declarer le contenu de vostre discours, vous baisant et demeurant vostre très affectionné, I. G.