[305]: 305 livres 3 sols pour 112 jours, la dépense des dragons n'avoit pas été forte, du moins quand on la compare à celle qu'ils faisoient ailleurs, notamment en Normandie. V., à ce sujet, la curieuse brochure de M. Lacour: La Carte à payer d'une dragonnade normande. Paris, 1857, in-18.
[306]: Ou plutôt du Grand-Huleu. Les lingères et les filles de modes étoient depuis longtemps nombreuses dans ce quartier. Leur industrie y servoit de couvert à un autre métier que leurs voisines du Huleu faisoient aussi, mais sans prendre la peine de le cacher. La belle lingère des Deux-Anges dont Bassompierre nous a conté l'étrange aventure avoit sa boutique sur le Petit-Pont, mais la maison où elle logeoit, chez sa tante, et où elle donnoit ses rendez-vous, étoit par ici, au coin de la rue Bourg-l'Abbé. (Mém. de Bassompierre, coll. Petitot, 2e série, t. 16, p. 364.)
[307]: Il n'a jamais existé à Paris de rue de ce nom.
[308]: Toile blanche de lin assez commune qui se fabrique à Louviers. On l'appelle ainsi à cause d'un nommé Guibert, qui en fabriqua le premier.
[309]: Les demoiselles patentées se plaignoient du tort qui leur étoit fait par cette concurrence déloyale. Il parut à ce sujet, la première année de la Révolution, une brochure formulant les plaintes de l'une des plus fameuses matrones, «Florentine de Launay, cessionnaire de Rose Gourdan, propriétaire du Grand-Balcon, sis rue Croix-des-Petits-Champs-Saint-Honoré.» Voici quel en est le titre: Requête présentée à M. Silvain Bailly, maire de Paris, par Florentine de Launay, contre les marchandes de modes, couturières et lingères, et autres grisettes commerçantes sur le pavé de Paris. A la suite se trouvent les noms et demeures des grisettes.
[310]: Nous n'avons trouvé cette pièce que dans un recueil françois qui se publioit à Londres au dernier siècle, Le nouveau Magazin françois, ou Bibliothèque instructive et amusante pour le mois de janvier 1750; in-8, p. 206-208.
[311]: Félix Aubery, marquis de Vattan. Il ne fut prévôt des marchands que de 1740 à 1741. La date de la requête qu'on lui adresse ici n'est donc pas bien difficile à préciser.
[312]: C'étoit une taxe par tête, comme son nom l'indique. On ne l'imposoit que dans les grands besoins de l'Etat. Un édit du 18 janvier 1695 l'avoit établie, à condition qu'elle cesseroit à la fin de la guerre, ce qui eut lieu en effet; mais elle ne tarda pas à revivre, et cette fois pour ne plus cesser. Elle est remplacée aujourd'hui par ce que nous appelons la contribution mobilière et personnelle. La connoissance de toutes les affaires concernant la capitation étoit attribuée au prévôt des marchands; de là la requête du poëte à M. de Vattan.
[313]: J. J. Rousseau, lorsqu'il logeoit, en 1772, au cinquième étage de l'hôtel Plâtrière, dans la rue du même nom, fut aussi poursuivi pour sa capitation, qu'il s'obstinoit à ne pas vouloir payer. Elle ne se montoit qu'à 3 livres 12 sols; mais il soutenoit que la ville lui devoit 60 mille livres pour son Devin de village, et qu'elle avoit par conséquent de quoi se payer des 3 livres 12 sols réclamés. On n'y voulut point entendre, et peu s'en fallut qu'on n'envoyât garnison chez l'auteur d'Emile. Enfin, l'affaire étant venue devant le prévôt des marchands, il décida qu'on lui feroit remise de la taxe.
[314]: «De l'Italien introducteur de ce jeu (la blanque), dit Pasquier, nous usâmes du mot numero au lieu de nombre qui nous est naturel en françois; et dismes celuy entendre le numero, qui n'avoit oublié le nombre sous lequel sa devise estoit enregistrée. Et depuis accommodasmes cette manière de parler en toute autre chose, disant qu'un homme entendoit le numero quand il avoit certaine information et cognoissance d'une chose.» (Recherches de la France, liv. 8, ch. 49.) Plus tard, entendre le numéro vouloit dire être rusé, adroit. Il n'etoit lors, dit La Fontaine, conte de Richard Minutolo,