Il n'étoit lors, de Paris jusqu'à Rome,
Galant qui sût si bien le numéro.

A la fin du dernier siècle, cette locution n'avoit plus d'usage qu'en d'assez méchants lieux. L'auteur anonyme des Numéros parisiens, Paris, 1788, in-8, écrit, p. vij: «Je l'appelle (ce livre) les Numéros parisiens parce que les escrocs disent d'une personne qu'ils n'ont pu duper: Celui-là sait le numéro, il n'y a rien à faire.» En note, il ajoute: «Il est vrai que c'est une façon de parler très usitée à Paris, parmi les joueurs et autres chevaliers d'industrie.» Elle n'avoit pas, du reste, attendu 1788 pour en arriver là, tant il est vrai que du vocabulaire du commerce à celui du vol il n'y a que la main. Enay dit dans Fæneste (édit. elzev., p. 156): «Il étoit emporte-manteau. C'est entendre le numéro, ou je ne m'y connois pas.»

[315]: Il veut parler ici des archers qu'on mettoit en garnison chez quiconque refusoit de payer. Ils avoient charge de ronger le débiteur récalcitrant jusqu'à ce qu'il se fût exécuté. Aussi, dans l'ancienne coutume, sont-ils appelés comestores, ce que la coutume de Tournai traduit par mangeurs. Aujourd'hui l'un des papiers, à nuances menaçantes, que le percepteur vous envoie pour hâter le paiement des contributions, porte encore sur son titre: Garnison. En Allemagne, les créanciers s'y prenoient à peu près de même; seulement, ils gardoient pour eux-mêmes le rôle de mangeurs, et, comme ils pouvoient craindre que la cuisine ne fût maigre chez le débiteur, c'est à la taverne qu'ils s'alloient mettre en exercice. «Il protestoit, lit-on dans les Contes d'Eutrapel, demeurer sur les bras et depense de son hoste, comme en la coustume d'Allemaigne, où le creancier, à faute d'être payé au jour dit, se va loger en la meilleure hôtellerie, y boit, mange et fait grande chère aux dépens de son débiteur, jusqu'à l'entier payement.» (Les Contes et Discours d'Eutrapel, 1732, in-12. t. 1, p. 114.)

[316]: Cette pièce, comme on va le voir, est des derniers temps de la puissance du maréchal d'Ancre.

[317]: Le duc de Nevers avoit commencé d'armer en septembre 1616. Depuis l'emprisonnement du prince de Condé il étoit un des chefs du parti contre Concini. Sa femme, qui tenoit dans le Nivernois même, le secondoit avec énergie. V. t. 4, p. 324-325.

[318]: Condé avoit le gouvernement de Berry; on le lui fit rendre, et il fut donné au maréchal de Montigny. Il fallut du canon pour réduire la tour de Bourges, qui résistoit. (Œconom. roy. de Sully, coll. Petitot, 2e série, t. 9, p. 375; Mém. de Pontchartrain, id., t. 17, p. 169.)

[319]: Le maréchal d'Ancre, craignant pour sa vie, s'étoit retiré dans son gouvernement de Normandie. C'est la ville de Caen qu'il avoit choisie pour refuge. Il y fut assez mal reçu et n'y resta pas longtemps. (Mém. de Bassompierre, coll. Petitot, 2e série, t. 20, p. 109; Pontchartrain, id., t. 17, p. 158.)

[320]: Allusion au pillage de l'hôtel du maréchal d'Ancre, dont nous avons déjà parlé t. 4, p. 30. Cet hôtel, devenu plus tard l'hôtel des ambassadeurs extraordinaires, puis l'hôtel de Nivernois, et enfin une caserne de gardes de Paris, étoit situé rue de Tournon, assez près, par conséquent, de l'hôtel de Condé, dont l'Odéon tient la place. Quand le prince eut été arrêté, il y eut grande rumeur parmi les gens de sa maison et un échange continuel de menaces entre eux et ceux du maréchal d'Ancre. L'effet suivit bientôt. Un matin, tous les gens du prince assaillirent l'hôtel d'Ancre; les maçons qui travailloient au palais de la reine mère (le Luxembourg) se mirent de la partie, et la maison du ministre fut littéralement prise d'assaut et livrée au pillage. V. Œconom. roy., t. 9, p. 374; Mémoires de Richelieu, coll. Petitot, 2e série, t. 21 bis, p. 345.

[321]: Raphaël Corbinelli. V. t. 4, p. 30, note.

[322]: La venette, la peur.