[343]: Le cardinal Duprat, qui avoit dirigé toute l'affaire de la rançon du roi, et contre le payement de laquelle on avoit, en échange, accordé la liberté des deux jeunes princes donnés en otages. Il s'étoit acquitté de cette tâche en trop zélé ministre, il avoit payé en pièces qui n'étoient pas de poids; mais les commissaires de l'empereur, qui avoient l'éveil, n'avoient accepté qu'après sûre vérification; or, il s'en manquoit de 40,000 écus, qu'il fallut rapporter. C'est ce que Martin du Bellay, p. 94, appelle «quarante milie escus pour la tare de l'or.» Sébastien Moreau avoue lui-même qu'il s'en falloit beaucoup que toutes les pièces données d'abord fussent de bon aloi. (Arch. curieuses, 1re série, t. 2, p. 416.)

[344]: Roquefort, chef-lieu de canton du département des Landes, arrondissement de Mont-de-Marsan.

[345]: «L'abbaye de Verrières, dit Sébastien Moreau, deux lieues par delà de Mont de Marsan, qui est aussy au dit roy de Navarre.» La rencontre se fit, dit Martin du Bellay, p. 97, «entre Roquefort de Marsan et Captieux, en une petite abbaye, auquel lieu, une heure devant le jour, le roy et la royne furent espousez.»

[346]: «Ils arrivèrent bientôt, dit encore Séb. Moreau, en la ditte abbaye, en l'eglise de laquelle s'estoit deja appresté reverend père en Dieu monseigneur l'evesque de Lisieux, grand aumônier dudit seigneur, lesquels, après qu'ils se furent repousés en ordre, allèrent en la ditte eglise, qui estoit assez tard, et lors le dist evesque les espousa, et après s'allèrent mettre à table pour soupper. Ils feirent la chière telle que bien s'en sçauroit dire, aprez se retirèrent ensemble pour prendre le plaisir de marriage l'un avec l'autre, que je ne dechiffreray autrement, en le laissant penser aux lecteurs et auditeurs.»

[347]: Chef-lieu de canton du département de la Gironde, arrondissement de la Réole.

[348]: Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Bordeaux.

[349]: Rions, commune de l'arrondissement de Bordeaux, canton de Cadillac. Ce qu'on lit dans le Journal d'un bourgeois de Paris, p. 416, sur cet embarquement, confirme ce qui se trouve ici, mais à beaucoup de détails près: «La royne, avec les seigneurs et dames, y est-il dit, se meirent sur la marine, entre Langon et Bourdeaulx, en basteaux painctz et dorez magnifiquement, et avoit moult de pièces d'artillerie grosses, qui faisoient merveilleuses tempestes, et force navires, tant marchands que de guerre, tous fort bien équipés.»

[350]: «A l'entrée de la porte, lit-on dans le Journal d'un bourgeois de Paris, fust apprestée la lictière et muletz de la reyne, tous couverts de drap d'or frizé.»

[351]: Sorte de hallebarde qui faisoit donner à ceux dont elle étoit l'insigne le nom de gentilshommes à bec de corbin. Les contrôleurs généraux des finances eurent, jusqu'à la révolution, un attribut du même genre. «M. de Fourqueux, lit-on dans les Mémoires secrets, t. 35, p. 14, est decidement revêtu du titre de contrôleur general et porte la canne à bec de corbin, attribut de la dignité, dont il a plus besoin qu'un autre.»

[352]: «La dite royne, écrit le bourgeois de Paris dans son Journal, avoit sur elle un ciel d'or frizé, vestue à la mode espaignolle, ayant en sa teste une coiffe ou crespine de drap d'or frizé, faicte de papillons d'or, dedans laquelle estoient ses cheveulx, qui luy pendoient par derrière, jusques aux tallons, entortillez de rubbens; et avoit un bonnet de velours cramoisy en sa teste, couvert de pierreries, où y avoit une plume blanche, tendue à la façon que le roy le portoit ce jour. Aux oreilles de la ditte dame pendoient deux grosses pierres, grosses comme deux noix. Sa robbe estoit de veloux cramoisy, doublée de taffetas blanc, bouffant aux manches, au lieu de la chemise, les manches de la robbe couvertes de broderies d'or et d'argent. Sa cotte estoit de satin blanc à l'entour, couverte d'argent battu, avec force pierreries; et y estoit le chancelier de France, Du Prat, qui la receut pour le roy, accompaigné de plusieurs cardinaulx et prelatz; y estoient aussy les ambassadeurs de Venise, Ferrare, Angleterre, et plusieurs princes, seigneurs et dames de France, entr'autres Mme de Nevers.»