[353]: «Et depuis la dicte porte, écrit le bourgeois de Paris, jusques à la grande eglise Sainct-André, estoient les rues tendues; y furent joués mistères, et y avoit trois grands theatres elevez en hault, où estoient les armes du roy et de la royne.»
[354]: Eléonore de Guienne, d'abord reine de France, comme femme de Louis VII, puis reine d'Angleterre, après avoir épousé Henri II. On sait que la querelle soulevée au sujet de l'Aquitaine, qu'elle avoit apportée en dot à son nouvel époux, et que le fils du premier ne vouloit pas rendre, fut la première cause d'une guerre interminable entre la France et l'Angleterre.
[355]: «Touctes ces bonnes chères faictes, dit Séb. Moreau, et qu'il commençoit quelque peu à se mouvoir de la peste, dont audit Bourdeaux sont subjects, à cause de la marine, partirent et passèrent les deux rivières, assavoir la Garonne et la Dordogne, et s'en allèrent prendre aeir beau et triumphant; c'est l'aeir d'Angoulème.» Là, les fêtes recommencèrent. On en trouve la description dans une pièce volante, indiquée au portefeuille 226-227 de la collection Fontanieu, et reproduite textuellement au t. 6, p. 291-298, de l'édition des Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay-Langey donnée par l'abbé Lambert.
[356]: Une autre édition de cette très courte pièce fut donnée avec date et nom d'éditeur: Nouveau règlement général pour les nouvellistes, à Paris chez Cl. Cellier, 1703, in-8.
[357]: Ce qu'on dit ici de ces bureaux de nouvelles est très sérieux sans qu'il y paraisse. Le manque de gazettes autres que la Gazette de France, où se trouvoit seulement ce que le gouvernement vouloit bien laisser passer; l'impossibilité où l'on étoit de se renseigner en dehors du cercle étroit de la feuille officielle, avoit fait organiser sur quelques points de Paris des sortes de centres auxquels venoient aboutir, comme à un écho commun, tous les bruits sur les choses de l'intérieur et de l'extérieur. On tenoit registre de ces nouvelles, quels que fussent le lieu d'où elles vinssent et la personne qui les eût apportées. On en discutoit la valeur; et si elles le méritoient, on leur donnoit place dans le Journal, dont les copies manuscrites étoient répandues à profusion dans Paris, et qui n'est autre que ces fameuses Nouvelles à la main dont on a tant parlé. V., dans l'Encyclopédie du XIXe siècle, t. 17, p. 307-310, notre article sur ces embryons du journal.
[358]: Dans un curieux petit livre, l'Ambigu d'Auteuil, 1709, in-8o, p. 27, il est parlé de ces nouvellistes des Tuileries et de l'endroit où ils se tenoient. D'ordinaire, ils prenoient place sur les bancs, «à l'ombre, autour du rondeau», et sur un autre «fort long, qui est au bout du boulingrin». C'étoit, dit plaisamment l'auteur, ce qu'on appeloit «l'arrière-ban des nouvellistes». Parmi ceux-ci, les plus assidus étoient, à l'époque dont nous parlons, un voyageur fameux que je n'ai pas pu reconnoître, et un vieux comédien, qui doit être La Thorillière. «Il jouit, dit l'auteur, de mille écus de pension que luy fait sa troupe, et de trente mille escus qu'il a espargnez du temps que Corneille et Molière travailloient pour le théâtre. L'occupation de ces oisifs, ajoute-t-il, est de s'entretenir de ce qu'ils ont vu et de ce qui les regarde en particulier lorsque les nouvelles ne fournissent pas; et bien souvent, dans l'empressement que quelques uns ont de donner bonne opinion de leur fait, quatre ou cinq parlent à la fois».
[359]: Le grand centre, en effet, fut longtemps au Luxembourg. En 1678, les faiseurs de nouvelles y péroroient déjà. C'est surtout contre ceux de ce bureau que Hauteroche, cette même année avoit dirigé sa comédie des Nouvellistes. Un peu plus tard, étoit publié, toujours à leur adresse, Le grand théâtre des Nouvellistes, docteurs et historiens à la mode, ou Le cercle fameux du Luxembourg, poëme héroï-comique, Anvers, 1689, in-8. V. aussi les Satires de Ducamp d'Orgas, 1690, in-8, p. 71. Ceux qui s'occupoient surtout des choses de la littérature, les chenilles du théâtre, comme les appelle Gresset, s'assembloient sous un grand if. C'est ce qu'il faut savoir pour bien comprendre ce couplet qui se chantoit au prologue d'une pièce de Le Sage, les Mariages du Canada, jouée en 1734:
Grand juge-consul du Permesse,
Vous savez notre différent.
De grâce, réglez notre rang
Par un arrêt plein de sagesse,
Par un arrêt définitif,
Tel que vous en rendez à l'if.
[360]: C'est là, dans l'allée qui disparut pour faire place à la galerie de droite, que se trouvoit le fameux orme appelé l'arbre de Cracovie. Ce nom, que Pannard prit pour titre d'opéra comique en 1742, venoit non pas de la ville de Pologne, mais des mensonges, des craques, qui trouvoient là un abri. Au VIIe chant de la Henriade travestie il est parlé des milliers de nouvellistes
Deguenillés, mourant de faim,
De ces hableurs passant leur vie
Dessous l'arbre de Cracovie.