[148]: Frère de Tristan de Rostaing, qui, en 1589, se laissa prendre honteusement dans Melun, et fut obligé de donner une rançon de 50,000 écus, ce qui lui mérita d'être condamné par la commission établie à Bordeaux. (V. le Journal historique de P. Fayet, p. 44, et les Mémoires de de Thou, coll. Petitot, 1re série, t. 37, p. 308.)
[149]: Gentilhomme souvent nommé dans les Mémoires du duc de Nevers.
[150]: Ce ne peut être Fontenay-Mareuil, qui étoit trop jeune alors. C'est peut-être le fils de Fontenay, qui étoit, en ce temps-là, trésorier de l'épargne.
[151]: Jean d'Hebrard, baron de Saint-Sulpice, qui avoit été gouverneur du duc d'Alençon, et qui étoit capitaine de cinquante hommes d'armes. (V., sur lui, Mémoires du duc de Bouillon, coll. Michaud, 1re série, t. XI, p. 8.) Son fils fut tué dans la basse-cour du château de Blois par le vicomte de Tours. (L'Estoile, 20 déc. 1576.)
[152]: Je serois tenté de croire que cette pièce est de Piron. Sa rareté aura fait qu'elle a échappé à Rigoley de Juvigny, qui, d'ailleurs, n'étoit pas un bien grand chercheur. Piron connoissoit M. le comte de Clermont, à qui appartenoit le singe dont la mort est ici pleurée. On trouve dans ses Œuvres (édit. in-8, t. VII, p. 119) des vers adressés à cette altesse sérénissime. Quant a M. de Livry, on sait qu'il fut longtemps son plus cher commensal. (V. notre Notice sur Piron, passim.) Ce ne seroit pas la première fois que l'auteur de la Métromanie auroit fait des vers du genre de ceux-ci et se seroit posé en interprète poétique des bêtes. Au t. VII, p. 184, de ses Œuvres, vous pourrez lire l'Envoi d'un panier par un chien à une chienne. Rien ne contredit donc sérieusement mon opinion.
[153]: Singe de M. de Livry, qui, en qualité de légataire du défaut, fait les frais de l'invitation.
[154]: Pour déroute. L'une vient de rupta, l'autre de dirupta, qui ont le même sens en latin; il étoit donc naturel que le même sens existât aussi en françois.
[155]: Ces reîtres étoient, comme on sait, des cavaliers allemands, ainsi que l'indique leur nom, Reiter, homme de cheval. Branthôme, qui ne savoit pas assez d'allemand pour trouver l'étymologie véritable, en avoit fait une à sa manière. Suivant lui «on les appeloit reistres parce que, disoit-on, ils étoient noirs comme de beaux diables.» (Edit. du Panthéon littér., t. I, p. 417.) Comme ils se recrutoient, pour le plus grand nombre, dans les états protestants de l'Allemagne, ils se trouvoient être des alliés naturels pour les huguenots de France. Venir piller ce beau pays sous prétexte de servir la foi étoit une trop excellente aubaine pour qu'ils la laissassent jamais échapper. Au premier appel de leurs frères de France ils accouroient. Dans les troupes que Coligny mit en campagne, on comptoit un grand nombre de reîtres; en 1576, 12,000 passèrent le Rhin, sur une invitation de ceux de la religion, invitation qui n'auroit pas eu besoin d'être pressante. Comme on les connoissoit, «avis fut alors donné que le feu et sang se verra en France.» (Preuves de l'Estoile, t. III, p. 201.) La plus redoutable de ces invasions fut celle dont il est question ici. Le 13 juin 1587, Schomberg, qui s'étoit rendu en Allemagne pour suivre leurs mouvements, écrivit au roi qu'ils s'armoient au nombre de 9,000, et que, vers le 12 juillet, ils seroient sur le Rhin, où 12,000 Suisses et 6,000 lansquenets devoient se joindre à eux. Le duc Otto de Lunebourg les commandoit. Tout ce qu'on pouvoit espérer, c'est qu'ils retarderoient leur marche jusqu'au commencement d'août. Malheureusement la récolte ne seroit pas faite alors, et, disoit Schomberg, il falloit être assuré qu'elle seroit détruite partout où passeroient ces pillards; ce qui eut lieu en effet, et la disette s'en augmenta. Si du moins, ajoutoit-il, le roi avoit une armée qui pût les arrêter à la frontière! mais les forces étoient trop divisées pour cela, les finances trop pauvres. Un espoir restoit, c'est que leurs alliés de France ne fussent pas prêts à les joindre, et donnassent ainsi le temps de les attaquer et de les détruire séparément: «Si les forces françoises leur manquent, dit Schomberg, ils sont perdus. On leur promet vingt mille François à pied et à cheval; j'écris bien et fais dire partout qu'ils n'y trouveront pas un, si ce ne sont ceux qui s'y trouveront pour leur rompre la teste.» Et ici encore Schomberg disoit vrai.
[156]: Planté est un vieux mot qui signifoit multitude, abondance. On lit dans Monstrelet (liv. I, ch. 77): «Grand planté de clergé et de peuple.» Dans Rabelais (I, ch. 4): «Gargamelle mangea grant planté de trippes.» De là, pour signifier beaucoup; en abondance, l'expression à planté qui se trouve partout (V. Ancien Théâtre, t. II, p. 286), ou celle-ci: à grand'planté, qui se lit notamment dans ce passage de Monstrelet (liv. II, ch. 39): «Il le fit servir abondamment de tous vivres, hors de vin; mais les marchands chrétiens lui en faisoient delivrer secrètement à grand'planté.»
[157]: Il en avoit été en effet question dans le conseil du roi, et l'auteur de cette pièce, aussi hostile à Henri III qu'il est favorable aux Guise, ne pouvoit oublier de le dire.